Le gouvernement a présenté ce jeudi sa copie pour le projet de loi de finances. Alors que la croissance est à 0%, que l’inflation augmente et que les intérêts de la dette mettent le pays sous pression, Bercy souhaite reprendre la main en réalisant 54 milliards d’euros d’économies l’an prochain. Mais pour de nombreuses institutions, le compte n’y est pas.
Le gouvernement a présenté sa copie des projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Une copie qualifiée de "départ" par la porte-parole de l’exécutif, Maud Bregeon, qui ouvre la porte à de nombreuses modifications au cours des débats parlementaires qui auront lieu dès la mi-octobre.
Objectif : faire 54 milliards d’euros d’économies. Mais la présentation du projet suscite beaucoup de scepticisme. Il y a d’abord la sentence du Haut Conseil des finances publiques, à peine deux heures après la présentation par le gouvernement de ses projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale. Cet organisme indépendant, rattaché à la Cour des comptes, a rappelé que le coût croissant de la dette allait absorber une part importante des économies.
Une hypothèse de croissance trop optimiste
Surtout, contrairement à Bercy, le Haut Conseil estime que tabler sur 1% de croissance en 2027 est trop optimiste, tout comme l’objectif d’un retour du déficit à 3% du PIB en 2029, jugé "très peu vraisemblable", ou encore la baisse de l’inflation attendue par l’exécutif, à 1,8% l’an prochain.
Le Haut Conseil souligne qu’elle demeure "soumise à des aléas" et conclut que le scénario du gouvernement suppose un enchaînement plus favorable que les prévisions des économistes. Il y a donc les sceptiques, mais aussi les mécontents. Le Medef n’a pas été tendre avec le projet de loi de finances : "Affaiblir encore les entreprises, c’est affaiblir le pays", a tonné le syndicat des patrons, qui dénonce la multiplication des taxes ou encore le gel de l’allègement des cotisations patronales.