Institution parisienne depuis 1856, le BHV est en redressement judiciaire, avec plus de 100 millions d'euros de dettes et d'impayés. Le tribunal des activités économiques de Paris se prononce lundi sur son avenir, au terme de plusieurs années de difficultés.
L'avenir du BHV se joue demain. Le bazar de l'Hôtel de Ville, institution parisienne depuis 170 ans, est en redressement judiciaire, et le tribunal des activités économiques de Paris doit se prononcer lundi sur son sort.
Depuis son ouverture en 1856 par la famille Ruel, le bazar de l'Hôtel de Ville fait partie de l'ADN de Paris. Quincaillerie, jouets, parfums, prêt-à-porter, on y trouve de tout, à des prix fixes et accessibles. Les initiales BHV deviennent vite incontournables. "Viens, voilà le camion BHV !", s'exclament des enfants dans une archive sonore, avec joie, en le voyant arriver.
Le magasin fait aussi figure de précurseur, avec l'ouverture nocturne et le crédit à la consommation, et tous les moyens sont bons pour attirer les clients, comme avec cette animation de 1954, où les Parisiens peuvent s'essayer au pilotage sur un appareil d'entraînement. Mais c'est surtout pour son rayon bricolage au sous-sol que les Parisiens accourent au BHV. "Qu'est-ce que vous pourriez me conseiller ?", demande une cliente dans une archive. "Pour commencer, une perceuse", lui répond-on.
Des turbulences jusqu'à l'arrivée de Shein
Au début des années 2000, le magasin connaît ses premières turbulences. Les clients se font plus rares. Puis vient 2025, avec l'arrivée du géant chinois Shein dans le magasin. C'est un tollé. Les grandes marques désertent les rayons, les clients boycottent le bazar et les difficultés financières s'accumulent.
Aujourd'hui, les dettes et les impayés du BHV dépassent les 100 millions d'euros.