Alors que le gouvernement cherche des économies pour son prochain budget, le financement public des associations revient dans le débat. Selon une étude de l’Observatoire Hexagone publiée par le JDD, subventions, commandes publiques et avantages fiscaux représenteraient près de 60 milliards d’euros.
Le gouvernement, toujours en quête d’économies pour son prochain budget, devrait-il regarder du côté des associations ? Selon une étude de l’Observatoire Hexagone publiée par Le Journal du Dimanche, les financements publics en direction du monde associatif représenteraient près de 60 milliards d’euros par an.
Ce montant additionne plusieurs formes de soutien. D’abord les subventions publiques, évaluées à environ 22 milliards d’euros. Ensuite, la commande publique confiée aux associations, estimée à environ 33 milliards. À cela s’ajoutent près de 4 milliards d’euros d’avantages fiscaux liés aux dons. Au total, l’Observatoire Hexagone arrive donc à un montant proche de 60 milliards d’euros.
Ce chiffre n’est pas très éloigné de celui publié l’an dernier par les inspections de l’État. Une revue des dépenses publiques en direction des associations, menée par l’Inspection générale des finances et l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche, recensait 53,43 milliards d’euros de financements publics en 2023.
Cette opacité nourrit les critiques
Mais le principal problème soulevé par cette étude n’est pas seulement le niveau de la dépense. Il concerne surtout sa traçabilité. Aujourd’hui, il reste très difficile de savoir précisément où va l’argent, qui le reçoit, pour quelle mission et avec quels résultats. Car ces financements viennent de sources multiples : État, collectivités territoriales, opérateurs publics, commandes publiques ou dispositifs fiscaux.
Les données sont dispersées et ne permettent pas toujours d’obtenir une cartographie complète, association par association. Autrement dit, il n’existe pas encore d’outil clair permettant de suivre l’ensemble des sommes versées, de mesurer leur destination finale et d’évaluer systématiquement l’efficacité des missions financées. Cette opacité nourrit les critiques, au moment où l’exécutif cherche plusieurs dizaines de milliards d’euros d’économies.
Mieux distinguer les financements indispensables de ceux qui pourraient être rationalisés
Le monde associatif joue pourtant un rôle majeur dans la mise en œuvre de nombreuses politiques publiques, notamment dans le social, la santé, l’éducation, l’insertion ou encore l’accueil des plus fragiles. Une partie de ces sommes correspond donc à des missions que l’État ou les collectivités confient directement aux associations.
Au moment où le gouvernement cherche à réduire le déficit, le financement public des associations apparaît donc comme un angle mort de la dépense publique.