APL : cette mesure (passée inaperçue) qui fait grincer des dents

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Les bénéficiaires des aides au logement devront tirer une croix en 2018 sur la revalorisation des montants.
Les bénéficiaires des aides au logement devront tirer une croix en 2018 sur la revalorisation des montants. © PHILIPPE HUGUEN / AFP
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La Fondation Abbé Pierre dénonce un nouveau coup de rabot sur les aides au logement, dont l'augmentation va être gelée cet automne.

Après le tollé provoqué l'an dernier par la baisse de cinq euros par mois des aides au logement, la Fondation Abbé Pierre jette un nouveau pavé dans la mare. Elle a repéré une mesure du budget 2018, voté fin 2017, et passée inaperçue à l'époque : contrairement à ce qui se fait d'habitude, les APL n'augmenteront pas cette année au rythme de l'inflation, mais seront gelées.

Chaque année jusqu'à présent, les aides au logement sont revalorisées au 1er octobre, sur la base d'un indice calculé par l'Insee, celui de l'inflation moyenne des douze derniers mois, hors le prix du tabac et des loyers. Cet indice a progressé de 1,8% cette année, et c'est donc d'autant que n'augmenteront pas les APL à l'automne.

Les plus pauvres particulièrement touchés. Les six millions de bénéficiaires continueront donc de toucher le même montant. La fondation Abbé Pierre dénonce une mesure encore plus pénalisante que la baisse de cinq euros décidée pour tous cet été, car plus on touche d'APL, plus la perte de pouvoir d'achat est conséquente. Les plus pauvres et les familles avec enfants devraient être particulièrement concernés.

Actuellement, le montant moyen des APL est de 230 euros par mois, ce qui équivaut à une non-revalorisation d'un peu plus de 4 euros par mois. Par exemple, pour une famille pauvre avec trois enfants qui touche environ 500 euros d'APL, au 1er octobre cette aide aurait dû augmenter de 9 euros par mois, soit 108 euros par an. Cela ne sera pas le cas.

Une politique sociale qui fait débat. Cette mesure permet au gouvernement de faire des économies, d'autant plus que les aides au logement sont accusées d'entraîner une hausse des loyers. Mais il y a fort à parier que cette mesure vienne aussi apporter du grain à moudre aux détracteurs de la politique sociale du gouvernement, alors même que celui-ci envisage de réduire les aides sociales.