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Annuler une partie de la dette, c'est «la crise financière assurée», fustige Lescure

[MUSTAFA YALCIN / ANADOLU / Anadolu via AFP]

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a étrillé lundi l'idée du candidat à l'élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon, qui souhaite annuler une partie de la dette française. Pour le ministre de l'Economie, cela mènerait directement à "la crise financière".

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a étrillé lundi l'idée du candidat à l'élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon, qui souhaite annuler une partie de la dette française, affirmant sur BFMTV/RMC que cela mènerait directement à "la crise financière".

"C'est se moquer du monde, c'est prendre les Français pour des lanternes, c'est mettre en danger la signature de la France", a martelé le ministre de l'Economie à propos de cette idée, qui figurait déjà au programme de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2022.

Partant du constat que 18% de la dette française est détenue par la Banque de France, Jean-Luc Mélenchon affirme qu'il "suffit d'y aller, de les prendre et de les foutre au feu" et que "personne ne s'apercevra jamais que ça a disparu".

"Le mur de la dette n'existe pas", assure Matthieu Pigasse

Dimanche, le candidat de la gauche radicale à l'élection présidentielle de 2027 a également demandé à ce que la Banque centrale européenne "mette au congélateur les dettes des États en commençant par celles de la période Covid".

Une idée à laquelle a souscrit le banquier d'affaires et homme de gauche revendiqué Matthieu Pigasse, invité des universités d'été de La France insoumise (LFI).

"Le mur de la dette n'existe pas. C'est un argument idéologique imposé pour nous dire qu'on ne peut rien faire (...) La France emprunte chaque semaine sans aucun problème", a développé celui qui a déjà restructuré les dettes grecque, ukrainienne ou argentine.

"La réalité, c'est que Jean-Luc Mélenchon, s'il fait ce qu'il dit, avec Monsieur Pigasse à ma place, c'est la crise financière assurée", a conspué le ministre de l'Economie Roland Lescure sur BFMTV/RMC.

Un taux d'intérêt au plus haut

"Bon, d'abord je sais qu'il s'en moque mais c'est illégal, non conforme aux traités européens", a étayé Roland Lescure, ajoutant que cela reviendrait "de fait" à sortir de l'euro, "puisque vous dites 'je ne respecte plus les règles de la maison commune'".

Le risque, pour le ministre de l'Economie, est également de faire grimper les taux d'intérêt : "Les créanciers, qui nous prêtent, qui disent 'ah bah l'Etat français vient de dire merde à 20 % de sa dette. Ils vont dire quoi? Moi je vous prête plus à quatre, je vous prête à quatre et demi, je vous prête à cinq'".

Lundi, le taux d'intérêt de la France à 10 ans était à 4,11%, après avoir dépassé jeudi 4,14%, au plus depuis 2008.