737 MAX : Boeing admet des erreurs avec le signal d'alerte des dysfonctionnements

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La gestion de la crise du 737 MAX par Boeing est critiquée, depuis l'accident le 10 mars d'un 737 MAX 8 d'Ethiopian ayant fait 157 morts.
La gestion de la crise du 737 MAX par Boeing est critiquée, depuis l'accident le 10 mars d'un 737 MAX 8 d'Ethiopian ayant fait 157 morts. © AFP
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"Notre communication sur le signal d'alerte n'a pas été ce qu'elle aurait dû être", s'est par ailleurs excusé mercredi Dennis Muilenburg, le PDG du constructeur américain. 

Le PDG de Boeing Dennis Muilenburg a reconnu mercredi des "erreurs" dans le déploiement du signal d'alerte censé avertir des dysfonctionnements du système anti-décrochage MCAS du 737 MAX, avion impliqué dans deux catastrophes aériennes ayant fait 346 morts. "Nous n'avons pas mis en oeuvre correctement cette fonctionnalité", a déclaré Dennis Muilenburg lors d'un entretien à la chaîne de télévision CBS diffusé mercredi.

Le premier entretien depuis le début de la crise

C'est le premier entretien donné à un média par le dirigeant, dont la gestion de la crise du 737 MAX est critiquée, depuis l'accident le 10 mars d'un 737 MAX 8 d'Ethiopian ayant fait 157 morts. C'était le deuxième accident d'un appareil de ce type en cinq mois, après celui de Lion Air ayant fait 189 morts le 29 octobre. 

Baptisé "disagree light" dans le langage de Boeing, le signal d'alerte s'enclenche en cas d'informations erronées transmises par une ou deux sondes d'incidence ("Angle of attack"- AOA) au système de stabilisation MCAS. Ce dernier mesure l'angle d'attaque et met l'avion en piqué pour lui permettre de reprendre de la vitesse et de s'éloigner du risque de décrochage fatal.

"Nous avons complètement échoué" sur la communication

D'après les premiers éléments de l'enquête concernant Lion Air, une des deux sondes d'incidence AOA était tombée en panne et bien que défaillante, elle avait continué à transmettre des informations aux calculateurs, notamment au MCAS. À ce moment-là, il aurait fallu désactiver le MCAS, ce que ne savait pas l'équipage de Lion Air, dont l'appareil ne disposait pas du signal d'alerte. Boeing avait rendu cette fonctionnalité payante, bien que jugée importante pour la sécurité de l'avion.

Fin avril, des sources proches du dossier avaient indiqué à l'AFP que l'avionneur avait par conséquent désactivé le signal d'alerte sans en avertir ni les régulateurs, ni les compagnies aériennes n'ayant pas pris l'option. Ces derniers n'avaient été mis au courant qu'après le drame de Lion Air, soit plus d'un an après l'entrée en service du 737 MAX. "Notre communication sur le signal d'alerte n'a pas été ce qu'elle aurait dû être", s'est excusé mercredi Dennis Muilenburg. "Nous avons complètement échoué là-dessus (...) La mise en oeuvre était une erreur. Nous ne l'avons pas déployé correctement".