Dans la nuit du 8 avril, Donald Trump a annoncé une trêve avec l'Iran de 15 jours, avec la condition que Téhéran rouvre immédiatement le détroit d'Ormuz. Mais en attendant une baisse des prix du carburant, les Français continuent de se serrer la ceinture, en particulier les professions les plus exposées.
Le détroit d'Ormuz sera bientôt rouvert, avec la trêve entre les Etats-Unis et l'Iran annoncée ce 8 avril. Mais si le prix du baril de pétrole commencent à baisser, 3.000 navires sont toujours bloqués. Les Français subissent toujours l'inflation à la pompe, notamment les professions les plus exposées, car il faudra attendre plusieurs semaines avant de ressentir un effet sur les prix .
Des prix bien plus bas pour les Espagnols et les Italiens
Les infirmiers libéraux attendent toujours les aides promises par le gouvernement, tout comme les transporteurs routiers. Avec cette flambée des prix des carburants, c'est bien l'avenir du secteur qui est compromis, comme l'explique le chef d'entreprise Mathurin Castan, basé en Occitanie.
Avec sa centaine de camions qui consomment chacun 35 litres au 100, il expédie des matériaux de construction dans toute l'Europe. Le gazole est brutalement devenu son premier poste de dépense, devant les salaires de ses 110 employés.
"Aujourd'hui, le carburant nous coûte 169.000 euros de plus par mois", révèle-t-il. "169.000 euros de surcoût pour une entreprise comme la nôtre, par mois, c'est colossal", s'indigne-t-il.
Et ce qui n'arrange rien, c'est que ses principaux concurrents n'ont pas les mêmes soucis. "On fait du transport en international, notamment en Italie et en Espagne, et on est clairement en concurrence avec des gens qui payent le gasoil très bas. Nous ne sommes plus du tout compétitif !"
"On n'aura pas le choix de répercuter"
Seule solution pour lui, augmenter ses tarifs, la mort dans l'âme. "Nos clients n'ont pas encore eu la répercussion du gazole, mais elles vont commencer à arriver", s'inquiète le chef d'entreprise. "Sur un transport que l'on facturait 2.000 euros, on sera aux alentours de 2.300. On n'aura pas le choix de répercuter, sinon on coulera aussi", déplore-t-il. Il enregistre déjà une baisse d'activité.
En plus du risque social dans cette entreprise, l'autre possible victime de cette inexorable flambée des coûts se trouve à l'autre bout de la chaîne : le consommateur.