Naturopathie : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

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La naturopathie est un ensemble de techniques naturelles qui nous viendraient de l'Antiquité grecque. © Myriams-Fotos / Pixabay
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Basée sur un ensemble de techniques visant à renforcer les défenses de l’organisme, la naturopathie est pleine de promesses. Mais il vaut mieux avoir quelques éléments en tête avant de se lancer.

Aider notre corps à se protéger, voire à guérir de lui-même. Telle est l’ambition de la "naturopathie", une médecine non conventionnelle basée sur des techniques naturelles et biologiques visant à renforcer les défenses de notre organisme. Selon une enquête du site des Pages jaunes, les recherches de naturopathes par les internautes ont quasiment quadruplé depuis 2013. A en croire ce classement, c’est tout simplement la médecine "alternative" en plus forte progression. Mais en quoi consiste-t-elle exactement ? À qui s’adresse la naturopathie ? Et comment choisir son naturopathe ? Nous vous donnons quelques tuyaux pour y voir plus clair.

La naturopathie, qu’est-ce que c’est ?

La naturopathie se définit comme un ensemble "de méthodes thérapeutiques qui encouragent le processus d'auto-guérison du corps", selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui résume plus loin comme ceci : "La naturopathie peut être décrite comme la pratique générale des thérapies de santé naturelle". Vaste programme. Comment, dès lors, différencier un naturopathe d’un nutritionniste ? D’un aromathérapeuthe (qui utilise des huiles essentielles) ? D‘un phytothérapeute (des plantes) ou d’un masseur ayurvédique ? Tous utilisent un ensemble de techniques dites "naturelles", visant à aider notre organisme à favoriser par lui-même un état de "santé optimale", pour reprendre une autre expression de l’OMS.

" La force vitale de l’organisme permet à celui-ci de se défendre "

Au final, les naturopathes se revendiquent comme étant un peu tout cela à la fois. Leur cursus, qui s'étale sur 1.000 à plus de 4.000 heures selon leur degré de sérieux, les forme à des techniques de base en gymnastique douce, en nutrition, en massages ou en respiration, et les initient à des connaissances en hydrologie (utilisation de l'eau chaude, froide, tiède, alternée, des douches, des bains, de la thalassothérapie ou du thermalisme, du bain d’argile etc.) ou en médecine par les plantes.

En fonction de leurs affinités et de leur formation, les naturopathes se spécialisent plus ou moins dans l'un de ces domaines (voir la liste des techniques ici). Et ils établissent des ponts avec d'autres disciplines : il n'est pas rare qu'un naturopathe renvoie vers un médecin nutritionniste ou phytothérapeute, un sophrologue, un ostéopathe ou un masseur ayurvédique, par exemple. "Nous coachons, nous délivrons des conseils portant sur l'alimentation - en insistant sur les bénéfices de l'alimentation bio -, sur l'hygiène corporelle, la gestion du stress, le contact avec les éléments naturels, la qualité du sommeil ou de la respiration - et une conscience écologique, bien évidemment", complète Daniel Kieffer, directeur de l'une des principales écoles de formation, interrogé par le Sénat.

Selon l’OMS, ces techniques remonteraient à l’Antiquité grecque, aux Stoïciens, voire même à Hippocrate lui-même, né en Grèce au 5e siècle avant notre ère et considéré comme le "père de la médecine". Mais la naturopathie en tant que telle a été inventée par un médecin-ostéopathe allemand à la toute fin du 19e siècle, avant de se développer en Amérique du nord et de prendre son essor à partir des années 70/80.

Quand aller voir un naturopathe ?

Les bienfaits de la naturopathie n’ont pas été prouvés scientifiquement. Certes, quelques rares études ont montré l’effet de certaines techniques contre la hausse du mauvais cholestérol ou pour faire reculer certains agents infectieux mal définis. Mais l’attestation de ses bienfaits repose surtout sur l’avis des professionnels et sur les témoignages de leurs clients. La pratique ne doit toutefois pas être enterrée pour autant. La naturopathie propose "d'allier les connaissances séculaires des thérapies naturelles et des progrès actuels dans la compréhension de la santé et des systèmes humains", rappelle l’OMS dans une note qui lui est consacrée, appelant les Etats à favoriser la recherche en la matière et à encadrer la pratique plutôt que de la rejeter.

Les naturopathes proposent avant tout des techniques de prévention. En clair, on peut aller voir un naturopathe même si l’on est en bonne santé, face au stress, à la fatigue, pour améliorer ses habitudes alimentaires ou son hygiène de vie, accompagner une reprise sportive ou renforcer son système immunitaire, par exemple. "La naturopathie est tout bonnement l’art de rester en bonne santé, d’être à nouveau acteur et responsable de sa santé et de prendre soin de soi par des moyens naturels", lit-on sur Naturopathe.net.

" Le naturopathe devra manifester à votre égard une grande écoute, de la compréhension et de la compassion "

Pour perdre du poids, se muscler, se sevrer d’une addiction (tabac, alcool), lutter contre les allergies, les insomnies, l’arthrose, des maux de tête ou face à un syndrome prémenstruel, les naturopathes peuvent également vous proposer une solution adaptée, en complément de la médecine conventionnelle. Cette dernière précision a son importance : les naturopathes ne sont pas des médecins. Ils ne sont pas à même de délivrer des diagnostics. Si vous êtes malade ou souffrez d’une pathologie ou de douleurs chroniques (maux de tête ou règles douloureuses, par exemple), allez donc voir votre généraliste en priorité.

Comment se déroule une consultation ?

En moyenne, les clients consultent un professionnel trois fois par an. Une séance avec un naturopathe dure environ 60 minutes, parfois 1h30. La consultation se déroule alors suivant trois axes :

- Un dialogue avec le praticien, pour identifier vos attentes et en savoir plus sur votre histoire personnelle, vos antécédents familiaux, votre mode de vie etc.

- Un "bilan" de votre état, qui comprendra des "méthodes réflexogènes" (examen d’iris, prise de pouls, "bilan énergétique", etc.) et un examen physique si besoin. Attention, ceci n’est pas un diagnostic : le but n’est pas de déceler une maladie mais d’évaluer votre "force vitale", pour établir le type de suivi dont vous allez avoir besoin. Cela permettra, par exemple, d’évaluer une forte prédisposition au stress ou aux troubles digestifs, par exemple.

- Un programme est ensuite défini avec le praticien, qui vous donnera un certain nombre de conseils à mettre en œuvre et pourra être complété selon les cas par des compléments nutritionnels.

Le naturopathe est bien entendu tenu au secret professionnel. Aussi, il "devra manifester à votre égard une grande écoute, de la compréhension et de la compassion, tout en restant respectueux des traitements médicaux en cours. Il sera aussi ‘pédagogue’ pour vous expliquer le pourquoi et le comment" du bilan qu’il a établi et des conseils qu’il vous donne, précise le site Naturopathe.net.

Comment éviter les arnaques ?

En France, la naturopathie est très peu encadrée et tout le monde peut s’improviser naturopathe, même sans formation. Pour limiter les risques et s’assurer que les praticiens respectent un certain nombre de critères (il a suivi une formation initiale de qualité, il a déclaré officiellement son activité, il a contracté une assurance professionnelle, il continue de suivre une formation continue…), l’Omnes, le syndicat des professionnels en France, a mis au point un label, dont vous pouvez demander une preuve au praticien. L’Omnes propose par ailleurs une carte en ligne de praticiens affiliés et vous pouvez également consulter celle de Medoucine, un site qui propose de recenser des praticiens "de confiance" (n'hésitez pas à comparer les deux cartes).

Par ailleurs, une séance à prix raisonnable vous coûtera entre 50 à 100 euros, selon que vous habitez en province ou en Île-de-France et selon le degré d’expérience du praticien. Avant de vous lancer, n’hésitez pas à en contacter plusieurs pour jauger leur méthode de travail. Demandez aussi le nombre d’heures de formation. La plupart des écoles proposent un minimum de 1.200 heures, mais certaines formations se font sur plus de 4.000 heures. Plus le praticien sera formé, mieux ce sera.

Et au cours d’un suivi, s’il se propose de remplacer la médecine conventionnelle ou veut vous faire arrêter un traitement, s’il trahit un secret, s’il vous propose bien plus de trois séances par an à des prix exorbitants ou s’il ne se montre pas à l’écoute de vos ressentis ou de vos objections, enfin s'il vous incite à vous détourner de vos proches, nous ne pouvons que vous conseiller de détourner définitivement votre chemin.