Stéphane Guillon : "Ma liberté de ton m'a parfois coûté cher"

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L'humoriste revient en scène avec un nouveau one man show, "Premiers adieux". Une sorte de bilan de son parcours cabossé au sein des médias et de la place du rire.
INTERVIEW

Viré de France Inter et de chez Thierry Ardisson, l'humoriste enfant terrible continue la scène. Stéphane Guillon revient avec un nouveau spectacle au Théâtre de la Pépinière intitulé Premiers adieux dans lequel il questionne la place de l'humour. Il s'en est expliqué dans le Grand journal de Philippe Vandel.

"Une sorte de pot de départ". Et si Stéphane Guillon tirait sa révérence parce qu'on ne peut plus rien dire ? Son nouveau one man show, il l'auto-définit comme "une réflexion sur (son) métier d'humoriste. J'ai été viré de partout, ma liberté de ton m'a parfois coûté cher. J'ai eu envie de faire une sorte de bilan sur le rire, la place de l'humour en France, ce qu'on peut dire, ce qu'on ne peut pas dire, les interdits. C'est une sorte de pot de départ", déclare-t-il sur Europe 1.

"Je prends le contre-pied". La raison de ce départ : le fait de ne plus pouvoir rire des religions, selon lui. Et c'est alors qu'il s'empresse d'en parler. Même chose au sujet de la famille, sur le couple ou encore la politique. Les raisons de ce faux pot de départ se multiplient. "A chaque fois, je prends le contre-pied. Mon rire est construit là-dessus. On ne peut pas le dire, on n'a pas le droit de le dire et je le dis quand même !"

Entendu sur europe1 :
J'ai écouté le Monde et le Parisien, ça n'arrivera pas tous les jours

L'actualité de retour. A côté de ce bilan de la profession figure désormais une revue de presse des sujets chauds. Chose qui n'apparaissait pas dans la version initiale du spectacle. Mais l'humoriste a pris en compte les critiques : "J'ai écouté le Monde et le Parisien, ça n'arrivera pas tous les jours. Mais là, ils avaient raison. Les sketches, ça a dérouté mon public. J'ai lu les critiques, je les ai comprises et j'ai senti qu'avec tout ce qui se passait - les 'Gilets jaunes', l'affaire Benalla, Macron - mon public avait envie de m'entendre sur ces sujets", confesse l'humoriste.

Pas de hors contexte. Et à son habitude, Stéphane Guillon va loin. "Je ne m'exprime plus sur les réseaux sociaux. Je ne voulais plus être trahi, j'en avais marre d'être trahi. Maintenant, je ne m'exprime que sur scène (...) J'essaye de faire un rire qui ait du fond. Je tiens à ce qu'on voit ce que je dis de manière globale", conclut Stéphane Guillon, qui n'oublie pas au passage de s'égratigner lui-même en fin de spectacle.