Hypocondriaque assumée, Agathe Lecaron brise le tabou. Invitée de "Culture Médias", l’animatrice raconte sans détour ses peurs, ses contradictions et solutions qu’elle a mises en place pour apprendre à vivre avec cette anxiété chronique.
Une maladie sans repos. Invitée de l’émission Culture Médias, Agathe Lecaron s’est livrée sans filtre sur un trouble qui l’accompagne depuis des années : l’hypocondrie. L’animatrice y parle avec lucidité, autodérision et une franchise désarmante, expliquant comment elle tente, jour après jour, d’apprivoiser cette anxiété chronique liée à la peur de la maladie. "Je pense qu’on ne s’en sort jamais mais qu’on arrive à vivre avec", a-t-elle confié d’emblée. Une phrase qui résume parfaitement son rapport à ce trouble : ni déni, ni solution miracle, mais un travail constant pour trouver un équilibre.
Au fil des années, Agathe Lecaron a tout essayé. Des approches les plus classiques aux plus alternatives. "J’ai à peu près tout testé : l’acupuncture, des trucs tout à fait classiques. J’ai testé les énergéticiens, j’ai testé quelqu’un qui me faisait un scanner sans me toucher", raconte-t-elle avec humour.
Dans cette recherche de réponses, les nouvelles technologies ont aussi trouvé leur place. "ChatGPT est un assez bon médecin", lance-t-elle. "Il répond assez bien quand on lui donne ses analyses, il vous fait une vraie analyse, de vraies explications. Donc pour les hypocondriaques, c’est pas mal", a-t-elle détaillé. Mais aujourd’hui, l’animatrice a trouvé, selon elle, encore plus performant : "Gemini est plus intelligent, il a de meilleures connaissances médicales, il est plus au courant des dernières études", a-t-elle fait remarquer.
"L’hypocondrie est un luxe"
Autre paradoxe qu’elle assume pleinement : cette inquiétude permanente pour sa santé a longtemps cohabité avec un mode de vie excessif. "J’étais une énorme picoleuse, une énorme fêtarde, je fumais un paquet de cigarettes par jour", reconnaît-elle. Des habitudes qui nourrissaient ses crises d’angoisse. Aujourd’hui, elle a changé de cap. "Le fait de faire de la prévention sur ma propre santé, ça m’aide aussi. Je mange 30 familles de fruits et légumes par semaine pour soigner mon microbiote", plaisante-t-elle, consciente du décalage.
"C’est un luxe, l’hypocondrie. J’ai le luxe de pouvoir m’occuper de moi. C’est parce que je n’ai pas vraiment d’autres problèmes", a-t-elle partagé. Ce "luxe" se manifeste aussi dans l’accès aux soins alternatifs, au yoga, aux consultations multiples, à la réflexion permanente sur son bien-être. "Tout le monde ne peut pas se permettre d’aller voir quelqu’un, une énergéticienne, ou de manger 30 fruits et légumes par semaine", reconnaît-elle. Enfin, elle évoque ces projections incessantes qui font le quotidien des hypocondriaques, parfois tournées vers les autres. "Un jour, mon mari avait un grain de beauté sur la cuisse. Dans ma tête, je me suis dit : ça y est, c’est le moment, c’est un mélanome… alors que pas du tout", raconte-t-elle avec recul.
Face à tout cela, Agathe Lecaron a trouvé une arme essentielle : l’humour. "J’espère que même quand j’aurai cette maladie incurable qui me pend au nez, j’arriverai encore à faire rire", dit-elle avec une ironie touchante. Une manière de désamorcer la peur, de garder une distance salvatrice avec ses angoisses.