Les origines explosives de l'expression "vendre la mèche"

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Quelle est l'origine de l'expression "vendre la mèche" ?
Quelle est l'origine de l'expression "vendre la mèche" ? © Pixabay
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Dans l'émission d'Europe 1 "Historiquement vôtre", Stéphane Bern se penche chaque jour sur les racines d'une expression du quotidien. Mercredi, il s'intéresse aux origines militaires et explosives de "vendre la mèche", devenue aujourd'hui synonyme d'indiscrétion, de bruits de couloir et de trahison.

Stéphane Bern propose chaque jour, dans Historiquement vôtre avec Matthieu Noël, de partir à la découverte de ces expressions que l'on utilise au quotidien sans forcément connaître leur origine. Mercredi, l'animateur d'Europe 1 revient sur les racines de "vendre la mèche".

Il arrive parfois qu'à travers l’histoire de grands secrets traversent le temps, qu'on les découvre des centaines, voire des milliers, d'années plus tard. Mais il arrive aussi parfois qu'un secret à la machine à café ne fasse que quelques mètres avant d'être dévoilé dans l'open space, car quelqu'un a vendu la mèche. Une formule apparue au 16e siècle.

A cette époque, on dit "éventer la mèche" ou "découvrir la mèche". Le principe est le même : quand un explosif est repéré, il faut le neutraliser. Le plus dur est de trouver la mèche, qui par essence est cachée. Une fois découverte, il fallait la rendre inopérable.

Couler la dalle et retirer le chat du sac

D'une façon générale, quand on éventait la mèche, on évitait des dégâts, on déjouait un complot, et parfois on dénonçait même son propre camp, en dévoilant l'emplacement des mines. Là, vraiment, on "vendait la mèche", rajoutant une connotation de trahison et donnant l'expression que l'on connaît aujourd'hui.

En Tunisie, on ne vend pas la mèche, "on coule la dalle". En Argentine, "on débouche la marmite", et en hébreu "on retire le chat du sac". La plus truculente est l'expression polonaise : "lâcher la vapeur de la bouche". Et il est vrai qu'il y a des secrets qui brûlent la langue.

Europe 1
Par Stéphane Bern