Jean-Marc Barr : "Il faut trouver un moyen de se remettre en harmonie avec la planète"

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Invité de Philippe Vandel, l'acteur appelle à la fois à respecter la planète et à soutenir les films indépendants, en regrettant tout à la fois l'agriculture massive et le cinéma de type blockbuster.

INTERVIEW

Pour toujours, il sera Jacques Maillol du Grand bleu. Trente après la sortie du film culte, Jean-Marc Barr est à l'affiche d'une dystopie, La particule humaine, en salles le 10 octobre. Invité dans Le grand journal du soir de Philippe Vandel samedi, l'acteur franco-américain, a défendu les films indépendants et regrette une culture de masse, aussi bien au cinéma qu'en agriculture.

Chaos. Jean-Marc Barr a vieilli, certes, mais le message véhiculé par son dernier film, en noir et blanc, a des similitudes avec Le Grand Bleu : la connexion avec la nature. Dans ce dernier long-métrage, il campe un scientifique cloîtré dans une ville autour de laquelle toutes les terres sont mortes. La population se retrouve face à une situation chaotique : toutes les semences modifiées ne produisent plus et les grains d'origine ont disparu. Son personnage part alors à la recherche de l'homme qui avait prévu ce scénario catastrophe pour essayer de sauver la planète.

"Occasion rare". Pour jouer cette situation d'apocalypse, le tournage, d'une durée de deux-trois mois, s'est fait en trois endroits : la ville de Détroit aux Etats-Unis, en Anatolie (Turquie), et en Allemagne, en studio. "C’était un 'boot camp', un camp d’entrainement spirituel et physique", bref un tournage difficile, décrit l'acteur. Il n'aurait cependant pas hésité à participer au projet si le tournage avait eu lieu à Tchernobyl, comme il en avait été un temps question. "Quand on te demande en 2015-2016 de tourner un film en noir et blanc, c’est une occasion rare (…) et je crois que ce genre de film crée une alternative à ce qui se passe à Hollywood", explique-t-il.

Entendu sur europe1 :
Il y a 40 ans, quand on parlait de cinéma, on ne parlait pas du box-office, on parlait un peu du contenu

"Sur le ring, les mains liées". "Il y a 40 ans, quand on parlait de cinéma, on ne parlait pas du box-office, on parlait un peu du contenu", glisse-t-il, regrettant au passage que sur une vingtaine de sorties par semaine, "quatre films dominent toute la distribution", des films en général "américains, pour un public de moins de 25 ans. Le cinéma est soit pour les jeunes soit pour les très vieux, les adultes sont oubliés au fur et à mesure." Il y voit le déclin du film indépendant. "Les blockbusters prennent 70 à 80 % de la distribution. C’est comme rentrer sur le ring face à Mike Tyson avec les mains liées derrière le dos."

"La vie moderne devenue un cauchemar". Cette mise au point vaut aussi pour l'environnement, question centrale de son nouveau film. A l'époque du Grand bleu, la connexion avec la nature se faisait au travers de la mer et de son personnage de Jacques Maillol, alias "dolphin man", apnéiste surdoué. Le grand bleu "célèbre l’innocence à travers le personnage de Maillol. Ce film, c’est le spectateur qui l’a embelli, qui l'a mis en avant. Je suis content de l’avoir fait, je suis très fier, mais je ne le prends pas du tout au sérieux", raconte le comédien qui devient très sérieux à l'évocation de la planète. 

"Aujourd’hui, c’est fondamental. Il faut que l’attitude envers la nature soit spirituelle. Ce que fait le réalisateur de La particule humaine, c’est essayer de retrouver une voie claire et saine en contraste avec la vie moderne, devenue un cauchemar. Il faut que l’on regarde ce qui s’est passé avant cette ère moderne, où les gens avaient un rapport sain avec la terre, où on n’était pas dans cette grosse agriculture industrielle. Il faut trouver un moyen de se remettre en harmonie avec la planète." En attendant, Jean-Marc Barr a trouvé une manière de le faire : il plonge toujours "à dix, douze mètres", précise-t-il. "J’appelle ça la plongée pré-gériatrique !"