"Il faut l’avoir vu !": avant la destruction du bâtiment, la prison des Baumettes s'ouvre au public

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À Marseille, la prison historique des Baumettes, ouverte au début des années 1930, sera bientôt détruite. De nombreux visiteurs ont pu la visiter lors des Journées européennes du patrimoine.
REPORTAGE

"C’est impressionnant de voir les cellules [...] je vais avoir du mal à sortir de là, mais il faut l’avoir vu !" Christian, septuagénaire et enfant du quartier qui a grandi devant les murs de la prison des Baumettes, à Marseille, était bouleversé à la fin de la visite de la prison historique, dont la destruction est prévue en 2020.

Une immersion totale

À l’occasion des Journées européennes du patrimoine ce week-end, l’administration pénitentiaire a décidé d’ouvrir les portes pour que le public puisse voir ce qu’étaient les conditions de détention dans cette célèbre enceinte : l'une des plus vétustes de France et qui a reçu notamment de grands truands comme Francis le Belge ou Mémé Guerini. Elle a aussi, plus récemment, accueilli dans ses murs un certain…. Bernard Tapie.

Au cours de la visite, les curieux découvrent le parcours d’une personne détenue pendant son incarcération. L’immersion est totale : du bruit des vielles clés pour ouvrir les portes aux barreaux en fer à l’écoute des cris des prisonniers enregistrés dans les cellules de 9 m², tout ce qui est présenté aux visiteurs est le plus réaliste possible. Y compris les détournements d’objets qui étaient réalisés par les détenus, comme une semelle de claquette où était rangé un couteau.

"Je n'aurais pas pu être à la place des détenus ici"

Les conditions de vie des détenus, qui vivaient dans des vétustes cellules sans hygiène, ont choqué plusieurs visiteurs, comme Inès. "C’est oppressant et ça fait de la peine. Ils n'ont aucun espace de vie, on doit avoir des idées noires, c’est lugubre".

La jeune fille de 22 ans est rejointe par Kevin. "Je n'aurais pas pu être à la place d’un détenu ici", explique-t-il. "On voit par où ils passent, donc c’est dissuasif sur les conneries qu’on peut faire dehors". Une autre visiteuse conclut : "Je comprends ce qu’ils ont pu ressentir. Parce que entre ces murs, il y a eu beaucoup de souffrance humaine".

Europe 1
Par Nathalie Chevance, édité par Ariel Guez