Nicolas Vanier s'inquiète du dégel du permafrost dans le Grand Nord et des conséquences qu'il pourrait avoir sur la planète 2:32
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Thomas Vichard , modifié à
Invité d'Isabelle Morizet samedi sur Europe 1, l'aventurier et cinéaste Nicolas Vanier s'est inquiété des manifestations visibles du réchauffement climatique qu'il a pu observer en Laponie. Il parle dans son livre, "Donne-moi des ailes" de "forêts ivres" où les arbres tombent et où le permafrost dégèle. 
INTERVIEW

Dans l'émission Il n'y a pas qu'une vie dans la vie, sur Europe 1, Nicolas Vanier dit son inquiétude à propos du réchauffement climatique. Au micro d'Isabelle Morizet, le réalisateur s'appuie sur ce qu'il a pu observer, notamment en Laponie, où il raconte, dans son livre Donne-moi des ailes, avoir vu ce qu'il appelle "des forêts ivres" où les arbres tombent. Un contraste saisissant avec son premier voyage dans le cercle polaire arctique lorsqu'il avait 17 ans, en 1979. "Ce sont les manifestations les plus visuelles du réchauffement climatique. Le permafrost, qui est le ciment naturel sur lequel tout tient dans le Grand Nord, est en train de dégeler dans certains endroits de Sibérie, de Laponie ou d'Alaska", explique le cinéaste.  

Et les premiers effets de ce dégel se voient sur les forêts, notamment en Laponie. "Tout ce qui est sur le permafrost est en train de se casser la figure. Les forêts tombent, ça ressemble au jeu du mikado. C'est une manifestation concrète du réchauffement climatique que j'ai pu observer avec mes yeux et mon cœur, c'est ce qui m'a donné envie de parler de cette inquiétude", poursuit-il. 

"Le dégel du permafrost pourrait avoir des conséquences dramatiques"

Autre problème selon l'écrivain : le dégel du permafrost libère du méthane, qui alimente ce réchauffement climatique. "C'est une manifestation concrète et visuelle. Le méthane libéré est mélangé au gaz que nous émettons nous mêmes par la combustion des énergies fossiles. Ce qui provoque encore plus de dégel de permafrost, donc encore plus de méthane, et cela donne un emballement dont les conséquences, alarmantes, ont été simulées et mesurées par le Giec. Si on dépasse la barre fatidique des 2,5 ou trois degrés de réchauffement climatique, ce vers quoi on se dirige, la Terre va finalement se réchauffer de six ou sept degrés." Les effets seraient dramatiques selon Nicolas Vanier, qui parle d'une disparition de 98% des espèces de la planète, dont l'espèce humaine. "Il n'y aurait plus que des fourmis et des scarabées", conclut-il. 

Dans son dernier film, Donne-moi des ailes, Nicolas Vanier s'inspire de l'histoire vraie d'un scientifique qui a sauvé des oies sauvages en voie de disparition pour sensibiliser aux questions de biodiversité.