Dans "Le Daim", Jean Dujardin incarne Georges : "C'est un peu moi, un peu vous, n'importe qui"

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Au micro de Patrick Cohen, Jean Dujardin et Quentin Dupieux reviennent sur le personnage déjanté de Georges, protagoniste du "Daim", en salles mercredi.
INTERVIEW

C'est un personnage névrosé, autocentré et mégalomane, une sorte de Brice de Nice amputé de ses mimiques. À l'affiche du dernier film de Quentin Dupieux, Jean Dujardin revient, aux côtés du réalisateur au micro de Patrick Cohen, sur le personnage de Georges, un homme de 44 ans qui quitte sa vie pour s'offrir le blouson de ses rêves, dont la matière a donné le nom du long-métrage : Le Daim

"Quand on prend Georges au début du film, il a déjà passé la ligne de crête, il n'est plus en glissade", explique l'acteur au micro d'Europe 1, trois jours avant la sortie en salles. "C'est un peu moi, vous, n'importe qui. C'est un mec paumé, il a décidé de se paumer encore plus, et pourquoi pas se faire plaisir avec le blouson de ses rêves". Ce vêtement revêt une telle importance que Georges se met à lui parler, et se lance dans un projet fou, être le seul à porter un blouson de ce type. "Il sort de la vie, il se désociabilise, se fait plaisir et va peut-être s'offrir la plus grande semaine de sa vie", détaille Jean Dujardin. 

"On ne le regarde tellement pas qu'il en devient parano"

Si Quentin Dupieux a habitué le public à des comédies à l'humour décalé jouant avec l'absurde, parmi lesquelles Rubber, l'histoire d'un pneu tueur en série, le réalisateur livre ici l'histoire d'un paranoïaque persuadé que tout le monde parle de son fameux blouson en daim à franges, ce qui n'est évidemment pas le cas. Une maladie qui peut, de prime abord, faire penser à ce que ressentent certaines stars : la paranoïa de la célébrité.

"Ça peut nous arriver effectivement", concède Jean Dujardin. "Quand les gens regardent leur portable, on peut se dire qu'ils nous prennent en photo, ça arrive souvent qu'ils le fassent. Mais parfois, ils sont juste en train de faire autre chose". "En fait, c'est exactement l'inverse, c'est la paranoïa de l'anonymat", interrompt Quentin Dupieux. "On ne le regarde tellement pas qu'il en devient parano". Si Georges est incontestablement atteint, le personnage ne tombe pas pour autant jamais dans le grotesque, une volonté du réalisateur qui avait "l'envie de faire un film sur un fou, mais dans le réalisme, dans un monde concret". Présenté à Cannes, ce film dans lequel joue également Adèle Haenel, avait ravi la Croisette le mois dernier.

Europe 1
Par Ugo Pascolo