Charles Berling joue "Dans la solitude des champs de coton" : "une grande pièce sur les échanges entre êtres humains"

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Le comédien joue et met en scène la pièce de Bernard-Marie Koltès, une rencontre entre deux êtres qui se combattent autant qu'ils se désirent.
INTERVIEW

Deux personnages. Un noir, un blanc. Un dealer, un client, dans un décor immense. Charles Berling joue ce client dans la pièce Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès, qu'il met également en scène au théâtre Paris Villette du 15 au 17 mai. L'acteur était l'invité du Grand journal de Philippe Vandel pour évoquer comment il a abordé cette pièce contemporaine d'une heure intense.

L'acteur qui déteste tout "ce qui est mollasson" a choisi cette pièce considérée comme le chef-d'oeuvre de Koltès. "Le blanc vient s'encanailler dans un quartier très craignos parce qu'il a décidé peut-être de mourir, il n'en peut plus de sa vie et il vient pour se faire taper. Le noir voudrait lui vendre quelque chose et ne pas être simplement la caricature du noir de banlieue qui est là pour frapper. Il y a, à la fois un combat entre les deux êtres, et une grande pièce sur l'amour, sur le désir, sur le commerce, sur les échanges entre êtres humains", décrit le comédien.

"Des choses pas si manichéennes"

Si la pièce a été écrite pour un noir, Charles Berling l'a repensée comme écrite pour un "être noir". Il a donc pris la "liberté d'engager Mata Gabin pour jouer le dealer, une femme. Au départ, on ne sait même pas si c'est une femme. Dans le personnage du dealer, il y a une chose magnifique : il parle du genre, dit qu'on est masculin/féminin, qu'on est très mélangé. Ce personnage d'une intelligence magnifique va progressivement montrer au client que les choses ne sont pas aussi manichéennes qu'il le croit", dans cette pièce qui joue des antagonismes : combat/amour, homme/femme, noir/blanc, quartier pourri/langage châtié. 

"Au fond, deux marginaux"

Le but est de montrer que derrière les apparences, il y a convergence. Une convergence qui s'incarne d'abord dans l'espace. Puisque l'acteur a choisi de partir  du public et non pas de la scène. "La pièce de Koltès parle d'un carrefour. Moi j'arrive et le dealer est sur le plateau. L'homme blanc que j'incarne, qui est au bout de lui-même, il fallait qu'il sorte du public, parce qu'il est à la fois rejeté par sa société qu'il a contribué à fabriquer et il va aller voir ce marginal de banlieue sombre pour y trouver à la fois un ennemi, celui qui va l'achever, mais en même temps, aussi loin qu'ils paraissent l'un de l'autre, il va y avoir un rapprochement. Au fond, ils se trouvent être deux marginaux", conclut Charles Berling.