Fraude aux normes : après l’automobile, les produits high-tech ?

  • A
  • A
Fraude aux normes : après l’automobile, les produits high-tech ?
@ JOEL SAGET / AFP
Partagez sur :

ENVIRONNEMENT - Volkswagen pourrait ne pas être le seul à tricher pour rentrer dans les clous des normes environnementales. Samsung est suspecté de faire la même chose avec ses téléviseurs.

Le scandale Volkswagen provoque un séisme qui pourrait ne pas se limiter au seul monde automobile : les fabricants de téléviseurs sont également suspectés d’avoir élaboré des procédés permettant à leurs produits de consommer moins d’énergie lors des tests officiels que dans la vie réelle. Premier fabricant à être pointé du doigt, Samsung dément.

Un téléviseur qui consomme moins en laboratoire. C’est une nouvelle fois un laboratoire indépendant qui est à l’origine de ces révélations. En auscultant la consommation électrique des téléviseurs vendus en Europe, le laboratoire ComplianTV est arrivé à la conclusion suivante : certains téléviseurs ont une consommation d’énergie qui varie selon les conditions dans lesquelles on les utilise.

En effet, les chercheurs ont reproduit les conditions de tests utilisées par l’International electrotechnical commission (IEC), qui réalise les tests officiels, puis ils ont étudié les mêmes téléviseurs dans des conditions de la vie réelle. Or, très souvent, les téléviseurs étaient plus économes dans la première situation que lors de tests se voulant réalistes. Dans son rapport le laboratoire ComplianTV souligne avoir "observé des comportements des téléviseurs différents, ce qui augmente la probabilité que les téléviseurs aient détecté une procédure de test et aient adapté leur consommation d’énergie en conséquence", rapporte The Guardian.

Samsung nie toute manipulation. La marque Samsung n’est pas citée dans le rapport du laboratoire ComplianTV, mais il évoque une technologie baptisée "Motion lighting" qui ajuste la luminosité de l’écran et qui a été mise au point par Samsung. De plus, le fabricant coréen étant le premier vendeur au monde, les regards se seraient dans tous les cas tournés vers lui.

Le géant de l’électronique est donc rapidement sorti de son silence pour démentir toute manipulation. Dans un communiqué publié son son site, il souligne que le "Motion lighting" permet de "réduire la consommation d’énergie dans la vraie vie" et "qu’il ne s’enclenche pas seulement lors des tests de conformité". Ce dispositif est activé par défaut sur tous les écrans et "contribue à réduire l’impact environnemental de nos téléviseurs", sauf si l’utilisateur désactive les réglages de base. A ses yeux, il s’agit bien d’un outil pour réduire la consommation, notamment lorsque l’écran diffuse des images statiques ou au contraire des séquences très rapides.

La Commission européenne ouvre une enquête. Pointée du doigt pour sa discrétion et sa réaction tardive lors des révélations sur Volkswagen, la Commission européenne a cette fois-ci décidé de s’emparer du dossier : elle a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire pour déterminer si "cette pratique est utilisée dans d’autres secteurs".

Il faut dire qu’elle avait déjà été alertée à plusieurs reprises : The Guardian souligne que l’agence suédoise de l’énergie avait porté les mêmes accusations un peu plus tôt dans l’année, tandis que d’autres pays avaient eux aussi transmis leurs doutes à Bruxelles. Et le quotidien britannique de critiquer à demi-mot la Commission en soulignant que le Royaume-Uni avait déjà transmis une information similaire il y a trois ans.