Après Samsung et Sony, Toshiba arrête les PC

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Après Samsung et Sony, Toshiba arrête les PC
Toshiba va vendre ses division PC et électroménager.@ AFP
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INDUSTRIE - Toshiba a annoncé mardi son intention de vendre ses activités dans le domaine des PC et de l'électroménager. Il rejoint une longue liste de constructeurs ayant abandonné ce marché.

Après Samsung et Sony, c'est désormais Toshiba qui annonce son intention de se séparer de ses activités PC. En pleine restructuration à cause d'un scandale comptable, le conglomérat japonais Toshiba cherche en effet à céder ses activités PC et appareils électroménagers, a déclaré mardi matin le PDG du groupe à la presse. Il clarifie ce qui était fortement pressenti depuis l'annonce d'une vaste réorganisation et la suppression de 6.800 postes en 2016.

En discussion avec Fujitsu et Sharp. Concrètement, Toshiba discute du rapprochement de ses PC avec ceux de Fujitsu et la firme Vaio (créée à partir de la division d'ordinateurs éponymes de Sony) et de ses produits électroménagers avec ceux de Sharp. "Toshiba ne souhaite pas prendre la majorité des sociétés conjointes" qui seront établies pour regrouper ces activités, a précisé le PDG, Masashi Muromachi, lors d'un entretien accordé au quotidien Sankei Shimbun.

Une chute à prévoir. Au total, la cession d'activités risque d'entraîner une chute des revenus de plus de 1.000 milliards de yens (7,5 milliards d'euros) par an et faire tomber le chiffre d'affaire en 2016-2017 à moins de 5.000 milliards de yens (38 milliards d'euros), un niveau sous lequel il n'est pas passé depuis le milieu des années 1990. Les recettes de ventes de Toshiba ont connu un pic en 2007-2008, avant la crise financière internationale, laquelle a aussi forcé à restructurer, mais sans que les décisions d'alors ne permettent un rétablissement durable.

Un scandale financier pour cacher les pertes. Entre 2008 et 2014, la santé financière de l'entreprise s'est largement dégradée. Trois PDG de Toshiba et plusieurs de leurs collaborateurs se sont alors rendus coupables d'artifices financiers qui ont abouti à surévaluer le bénéfice net des exercices concernés de 155,2 milliards de yens (1,1 milliard d'euros). Ces pratiques ont masqué la mauvaise santé de plusieurs divisions que le groupe est désormais contraint d'assainir.

Le PC, un secteur en panne. Toshiba est loin d'être le premier à abandonner le secteur des PC. Sony avait annoncé l'arrêt de sa division ordinateurs VAIO en février 2014, suivi quelques mois plus tard par Samsung qui a stoppé la vente de ses PC en Europe faute de ventes. D'autres constructeurs présents dans ce secteur, HP notamment, ont également connu des périodes difficiles au début des années 2010.