Nikola Karabatic, la victoire coûte que coûte

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Nikola Karabatic, la victoire coûte que coûte
Nikola Karabatic a remporté la Ligue des champions avec le FC Barcelone, en mai dernier. @ AFP
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La star de l’équipe de France de handball a su rebondir malgré l’affaire des paris suspects avec son ancien club de Montpellier.

Contre vents et marées, Nikola Karabatic a continué à voguer vers les succès. La star du handball français, qui comparaît en correctionnelle à partir de lundi pour une affaire de paris suspects quand il évoluait à Montpellier, s’est retrouvée au cœur de la polémique. Mais le joueur du FC Barcelone, véritable icône de son sport, a réussi à traverser cette épreuve pour rester un des meilleurs handballeurs de la planète. Récit en trois actes du retour au premier plan du plus grand joueur de l’histoire du handball français.

La chute. A l’été 2012, Nikola Karabatic est au sommet de son art. Sacré champion olympique pour la deuxième fois consécutive avec l’équipe de France quelques semaines auparavant, le joueur, alors à Montpellier, est célébré comme un des plus grands champions du sport français. Mais son aura est écornée par le scandale des paris suspects, pour lequel il est interpellé avec plusieurs de ses coéquipiers le 30 septembre 2012 à la fin du match face au Paris SG. Cet évènement marque alors la spectaculaire chute d’une idole du sport français.

En janvier 2013, la France est balayée par la Croatie en quarts de finale du Mondial (23-30). Nikola Karabatic, le leader des Bleus, ne parvient pas à empêcher la défaite des champions du monde en titre, qui abandonnent leur couronne au profit de l’Espagne. Au moment d’analyser la défaite des Experts, tous les regards se tournent vers le scandale qui secoue le handball français depuis presque six mois. La descente aux enfers se poursuit quelques jours plus tard, le 30 janvier, quand Karabatic est transféré pour 500.000 euros de Montpellier vers le modeste club d’Aix-en-Provence, loin d'être une terreur des parquets hexagonaux.

La résurrection. Acculé par l’ampleur du scandale, Nikola Karabatic préfère s’exiler à l’été 2013. Il rejoint alors le FC Barcelone, le géant espagnol qui l’arrache à Aix-en-Provence. En Catalogne, le Français se refait une santé au sein d'une des meilleurs équipes au monde. En janvier 2014, le demi-centre retrouve l'équipe de France pour le championnat d'Europe, au Danemark. En Scandinavie, Karabatic et ses coéquipiers ont alors la ferme intention de prouver que la meilleure équipe de l'histoire du handball n'est pas morte.

La réponse de la génération des Experts ne se fait pas attendre : après avoir triomphé de l'Espagne en demi-finale (30-27), les Tricolores jouent le titre face au Danemark, le pays hôte. En finale, les Bleus pulvérisent les Danois, pourtant poussés par tout un peuple, pour remporter un inoubliable titre de champion d'Europe (42-31). Grand artisan de ce coup de maître, Nikola Karabatic est élu meilleur joueur du tournoi. La star d'origine serbo-croate est à nouveau à sa place : au zénith de son sport. 

Un champion insatiable. L'échec du FC Barcelone en demi-finale de la Ligue des champions 2014 n'entrave pas l'implacable marche en avant de "Niko". L'année 2015 est même celle de tous les succès. En février dernier, le demi-centre continue d'écrire la légende du handball français lors des championnats du monde, au Qatar. Encore une fois, la France est sacrée après avoir battu le pays hôte en finale (25-22). Encore une fois, Nikola Karabatic réalise une grande compétition, récompensée par le titre de meilleur demi-centre du tournoi.

Quelques jours plus tard, il est élu meilleur joueur du monde pour l'année 2014, une distinction qu'il obtient pour la deuxième fois après 2007. Et que se passe-t-il quand Karabatic revient au FC Barcelone ? Des victoires, des victoires, et encore des victoires. Jamais rassasié, le demi-centre remporte toutes les compétitions auxquelles il prend part avec le club catalan. Championnat d'Espagne, coupe du Roi, supercoupe d'Espagne, rien n'échappe aux pantagruéliques Blaugrana. Cerise sur le gâteau : Karabatic remporte sa troisième Ligue des champions (après celles gagnées avec Montpellier en 2003 et Kiel en 2007) en mai dernier. Sportivement, la figure de proue du hand français a bel et bien approché la perfection. Mais sur le terrain judiciaire, c'est un tout autre match qui commence.