Pourquoi le biathlon français cartonne

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Pourquoi le biathlon français cartonne
De g. à dr. : Dorin-Habert, Fourcade, Fillon Maillet (caché) et Bescond, sacrés sur le relais mixte.@ Jonathan NACKSTRAND/AFP
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LES CLÉS DU SUCCÈS - Martin Fourcade a décroché jeudi à Oslo une quatrième médaille en quatre épreuves. L’équipe de France de biathlon réalise les meilleurs résultats de son histoire dans des Mondiaux.

Sept courses disputées, huit médailles dont cinq en or, un doublé dans l'épreuve individuelle chez les femmes, avec Marie Dorin-Habert et Anaïs Bescond : le biathlon français est en train d'écraser la concurrence aux championnats du monde d'Oslo. Son leader, Martin Fourcade, a décroché jeudi un quatrième titre en autant de courses, lors de l'épreuve individuelle. Le biathlon tricolore se porte bien, même très bien, et c’est grâce en partie au travail accompli en amont par la Fédération française de ski (FFS).

  • Maillage du territoire, détection et formation : la Sainte-Trinité

Il n’y a pas de secret, pour permettre l'éclosion des nouveaux Martin Fourcade et Marie Dorin-Habert, la FFS a mis les moyens humains et financiers. "La fédération a mis en place un système très performant, que beaucoup de nations nous envient", rappelle au micro d'Europe 1 Stéphane Bouthiaux, le patron des équipes de France de Biathlon. "Il y a la mise à disposition dans certaines zones de cadres techniques de l'Etat et de cadres de région, spécialisés dans le biathlon, et notamment dans les pôles espoirs."

Grâce à ce maillage territorial, les jeunes skieurs prometteurs ne peuvent échapper à la Fédération. Et dès 14-15 ans, la plupart des jeunes repérés ont déjà d’excellentes bases, que ce soit en ski ou en tir. "Cela nous permet, une fois leur arrivée dans les équipes de France de jeunes, de 'polir' les pépites qu’on nous laisse", ajoute Stéphane Bouthiaux.

  • La Fédération de ski a mis la main à la poche

 Et cela débouche sur Martin Fourcade, numéro 1 au classement mondial, et Marie Dorin-Habert, numéro 2. "On est très fiers de notre formation, on travaille dans le bon sens", se félicite au micro d'Europe 1 le directeur technique national (DTN), Fabien Saguez. "On privilégie d’abord le ski, puis ensuite le tir debout. Mais quand on a détecté dans ces deux secteurs de grandes valeurs, on essaye d’emmener les athlètes jusqu’au bout, et pour le moment, c’est en train de fonctionner."

Entendu sur Europe 1
Avant, on était les parents pauvres du ski

Outre les moyens humains, la FFS a également mis la main à la poche. "Il y a une vingtaine, une trentaine d’années, on était les parents pauvres du ski", se remémore Stéphane Bouthiaux. "Désormais, on ne va pas dire qu’on est 'no limit', mais la Fédération nous offre les moyens de nos ambitions. On fait quasiment ce qu’on veut pour être performant au plus haut niveau." Ainsi, à Oslo, l'équipe de France est arrivée bien amont des compétitions avec plusieurs techniciens afin de préparer au mieux les skis pour la neige norvégienne.

Et les résultats sont là. Le biathlon français parvient surtout à "sortir" plusieurs générations de biathlètes performants. Martin Fourcade et Marie Dorin-Habert ont ainsi brillamment succédé à Raphaël Poirée et Sandrine Bailly, et d’autres jeunes pourraient éclore dans les années à venir, à l’instar de Quentin Fillon Maillet, 23 ans et médaillé d'or à Oslo dans le relais mixte. Les succès appellent les succès, et une saine émulation s'installe en équipe de France. "On a des étoiles dans les yeux en ce moment. Il ne faut surtout pas banaliser ce que font nos athlètes", insiste le DTN Fabien Saguez. "Il faut bien profiter un maximum, les années se suivent, mais ne se ressemblent pas forcément."