Jeux olympiques de Pyeongchang : "Couscous Rockett" sera de la fête

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Jeux olympiques de Pyeongchang : "Couscous Rockett" sera de la fête
Samir Azzimani avait participé au slalom et au géant lors des JO de Vancouver, en 2010.@ OLIVIER MORIN / AFP
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Le skieur marocain Samir Azzimani s'est qualifié pour l'épreuve de 15 km libre aux prochains JO. Ce seront ses deuxièmes, après Vancouver 2010.

Vous vous souvenez peut-être de Rasta Rockett, ce film de 1993 inspiré de l'histoire de bobeurs jamaïquains qui avaient participé aux Jeux olympiques de Calgary, en 1988. Trente ans plus tard, ils auront une sorte de successeur en la personne de Samir Azzimani, skieur franco-marocain, et surnommé dans le milieu "Couscous Rockett". Le quadragénaire - il a fêté ses 40 ans en octobre dernier -, né à Levallois-Perret et qui a grandi à Colombes, dans les Hauts-de-Seine, participera à ses deuxièmes Jeux olympiques sous la bannière de Maroc, le mois prochain, à Pyeongchang. Il était là, également, aux Jeux de Vancouver, en 2010, marquant le retour du Maroc aux JO d'hiver après 18 ans d'absence. Mais, à l'époque, ce n'était pas dans la même discipline…

Du ski alpin au ski de fond. En 2010, Samir Azzimani avait disputé le slalom (44ème) et le géant (74ème), en ski alpin. En Corée du Sud, Azzimani disputera le 15 km classique, en ski de fond. "Je suis très content d'aller là-bas, non seulement parce que je vais représenter mon pays et que je vais rendre encore fière ma mère, même si elle me prend pour un fou… Mais c'est surtout que vivre un second rêve olympique, ce n'est pas donné à tout le monde, donc je vais en profiter à mort", a confié le skieur au micro d'Europe 1.

Samir Azzimani a laissé tomber l'alpin pour le fond, une "idée saugrenue", admet-il, un an avant les JO de Sotchi, en 2013. Mais, malgré une préparation diabolique - il avait traversé le Maroc du nord au sud en ski à roulettes ! -, il n'avait pas réussi à décrocher son billet pour les Jeux. "Il y avait beaucoup plus de choses à apprendre en ski de fond, la technique que je n'avais pas, le mental, beaucoup de choses qui n'étaient pas en adéquation avec l'alpin", reconnaît-il aujourd'hui. "Du coup, je me suis pas mal entraîné dans la vallée de la Maurienne et j'ai même fait une saison à Mouthe, c'est pour vous dire." Mouthe, commune du Doubs, réputée pour être la plus "froide" de France…

Le premier de l'histoire. La transition a été dure et froide, mais Samir Azzimani l'a bien menée. En 2015, il a participé aux championnats du monde de Falun, en Suède, se classant 62e (sur 66) de l'épreuve de 15 km. Puis, l'an dernier, en septembre, il a décroché son Graal à lui, lors d'une épreuve en Nouvelle-Zélande : les points FIS (pour Fédération internationale de ski) suffisants pour pouvoir participer aux Jeux.

Le 16 février prochain, il deviendra le premier athlète à participer aux JO d'hiver dans deux disciplines différentes, à savoir le ski alpin et le ski de fond, un authentique exploit.

Un destin digne d'un film. Son destin, exceptionnel, est digne d'un scénario de film. Un autre skieur du Maghreb, l'Algérien Noureddine Bentoumi, qui avait participé au 50 km libre des JO de Turin, en 2006, avait inspiré son frère, Farid, pour son film sorti en 2016 Good Luck Algeria. Samir Azzimani, lui, écrit pour le moment sa propre histoire et enchaîne les tours de piste sous les yeux de son coach français, Denis Boissière, près de la station du Revard, en Savoie, sous la neige et par des températures négatives.

"Couscous Rockett" espère être le plus performant possible, dans quelques semaines, à Pyeongchang, où il sera l'un des trois marocains de la délégation avec les frères Lamhamedi (ski alpin).