Il y a 25 ans, la catastrophe de Furiani

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Le 5 mai 1992, l'effrondrement d'une tribune provisoire du stade du Sporting club de Bastia faisait 18 morts et 2.357 blessés.

ARCHIVES EUROPE 1

Avec les archives d'Europe 1. Journalistes de l'époque : Frédéric Helbert, Christian Rodat.

"Un très grave incident à quelques minutes du coup d'envoi de la demi-finale de Coupe de France de football entre Bastia et Marseille, une tribune démontable s'est effrondrée, des supporters étaient dessus…" Le 5 mai 1992, vers 20h20, l'antenne d'Europe 1 rend compte de l'effondrement d'une tribune de 9.300 places installée à la hâte et en dehors de tout cadre légal avant la demi-finale de Coupe de France entre le Sporting club de Bastia et l'Olympique de Marseille, alors au faîte de sa puissance.

"Ça faisait peur…" Les spectateurs qui avaient pris place dans la partie haute de la tribune, dont plusieurs journalistes, sont victimes d'une terrible chute. Dix-huit personnes perdent la vie et plus de 2.300 autres sont blessées. "Je pense sincèrement que c'était une folie des organisateurs de ce match parce que, dès notre arrivée dans cette tribune de presse, qui était à une vingtaine de mètres du sol, nous avons sincèrement senti le danger", confie peu après le drame le journaliste d'Europe 1 présent sur place, Christian Rodat. "Quand les gens ont commencé à taper du pied, ça faisait peur…"

A l'issue du procès en appel de la catastrophe, fin 1995, un seul des treize prévenus initialement poursuivis avait été condamné à une peine de prison ferme : le constructeur de la tribune provisoire Jean-Marie Boismond, condamné en première instance à deux ans de prison et qui n'avait pas fait appel. Huit autres prévenus, dont des responsables du club, de la Ligue corse ou de la Fédération Française de football (FFF) ainsi que l'ancien directeur de cabinet du préfet, avaient été condamnés à du sursis ou des amendes.

Depuis de nombreuses années, le collectif des victimes du 5 mai porté par Lauda et Josepha Guidicelli, filles du journaliste Pierre Guidicelli disparu dans la catastrophe, militent pour que plus aucun match de football ne soit disputé le 5 mai en France. Mais cet appel a du mal à trouver écho auprès des instances nationales. Certes, il a été décidé que plus aucune rencontre ne serait disputée le 5 mai, mais seulement quand celui-ci tombe un samedi, ce qui sera le cas seulement en  2018, 2029 et 2035 sur les 20 prochaines années…

Il y a quelques jours, la LFP avait même commis un bien triste impair : elle avait programmé la rencontre du club bastiais face au PSG ce vendredi, soit le jour même du 25ème anniversaire du drame, avant de le reprogrammer samedi après-midi. Vendredi soir, une minute de silence ou d'applaudissements sera observée sur l'ensemble des stades des clubs professionnels de l'Hexagone.