Formule 1 : mais à quoi joue Renault ?

  • A
  • A
Formule 1 : mais à quoi joue Renault ?
Renault en F1 : dernier arrêt aux stands ? En 2006, l'Espagnol Fernando Alonso remporte le titre de champion du monde au volant d'une Renault.@ AFP
Partagez sur :

La marque française a annoncé son retour en tant qu'écurie officielle en 2016. Mais les contours du projet sportif du constructeur restent encore flous.

Le maigre suspense autour du retour de Renault en Formule 1 a pris fin jeudi soir. Le patron de la marque, Carlos Ghosn, a confirmé le come-back de la firme française comme écurie à part entière dès l'an prochain. Après cinq années passées comme motoriste de Red Bull, Renault redémarre pourtant de zéro. Entre organisation à déterminer, pilotes moyens et  incertitudes sur la fiabilité du moteur, les ambitions sportives de l'écurie paraissent limitées pour 2016.

Un organigramme à définir. Premier chantier : définir l'organigramme de la future écurie. Mais pour connaître le nom du patron de la nouvelle équipe Renault F1, il faudra encore patienter. "Je vous donne rendez-vous en janvier 2016. On vous expliquera l'organisation, les objectifs, les pilotes, la stratégie, les partenaires", a précisé Carlos Ghosn dans les colonnes du Figaro, vendredi.

Plusieurs noms commencent cependant à circuler avec insistance. Cyril Abiteboul, le directeur général de Renault Sport F, devrait conserver son poste, selon les informations de F1i.com. Le team manager, responsable du volet sportif, devrait vraisemblablement revenir à Frédéric Vasseur, toujours d'après F1i.com et L'Equipe. Vasseur, 46 ans, a connu le succès notamment en tant que manager de l'écurie ART Grand Prix, en GP2 et en GP3. Enfin, Alain Prost, ancien pilote Renault de 1981 à 1983 et ambassadeur de la marque au losange, devrait lui jouer un rôle de conseiller.  

Une voiture à construire. La future équipe aura la lourde tâche de concevoir une voiture performante en Formule 1. En tant qu'écurie à part entière, Renault doit désormais entièrement développer sa propre monoplace. "Ce qui est sûr ce que la technologie, Renault l'a. Mais il va falloir du temps : il faudra trouver les ingénieurs qui réussissent à faire un châssis et un moteur, pour avoir une vraie osmose comme l'écurie Mercedes", a expliqué l'ancien pilote Jean Alesi, au micro d'Europe 1. 

Car depuis deux ans, Renault, en tant que motoriste de Red Bull, a essuyé de nombreux échec avec son nouveau propulseur hybride. "Manque de puissance, manque de fiabilité, manque de tout", rappelle, cinglant, le journal L'Equipe. En effet, la firme française essuyait de sévères critiques de Red Bull, faute de résultats. Les ingénieurs de Viry-Châtillon, en région parisienne, ont du pain sur la planche. Conscient des difficultés, Carlos Ghosn parie sur le long terme et ne s'attend pas à des miracles dès l'an prochain. "Nous voulons gagner même si cela doit prendre du temps !", a-t-il assuré.

Des pilotes en question. Parmi cette série d'incertitudes, l'écurie Renault connaît au moins le nom de ses deux futurs pilotes. L'an prochain, le Vénézuélien Pastor Maldonado et le débutant britannique Joylon Palmer conduiront la destinée de la firme tricolore. Avec eux, difficile d'imaginer Renault renouer avec son glorieux passé d'écurie championne du monde en 2005 et 2006 (pilotes et constructeurs avec Fernando Alonso).

Pastor Maldonado, 30 ans, n'a jamais brillé par ses résultats en Formule 1.  En 96 Grand Prix disputés, il n'est monté qu'une fois sur le podium, pour une victoire à Barcelone, en 2012. Cette saison, avec l'écurie Lotus, le Vénézuélien a évolué dans l'ombre de son coéquipier, Romain Grosjean. Mais le Français a préféré signer pour l'écurie Haas, au grand dam des fans de Renault. Maldonado fera équipe avec un novice : le britannique Joylon Palmer, 24 ans et champion du monde en GP2 en 2014. La route vers le succès est encore longue pour Renault.