Soupçons de matches truqués : l'ex-coach de Nîmes se défend

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Soupçons de matches truqués : l'ex-coach de Nîmes se défend
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RÉACTION - René Marsiglia était l'entraîneur du Nîmes olympique au moment des soupçons de corruption.

Le Nîmes olympique est en pleine tourmente. Son président, Jean-Marc Conrad, a été placé en garde à vue, mardi, dans le cadre d'une affaire de corruption présumée portant sur plusieurs matches de la fin de saison dernière, saison à l'issue de laquelle le club gardois s'était sauvé de justesse. A l'époque, René Marsiglia était l'entraîneur des "Crocos".

"Je comprends que je sois sollicité parce que j'en étais l'entraîneur mais je vais vous dire quelque chose, je trouve insultant (que l'on doute de la viabilité des résultats du Nîmes olympique, ndlr) au regard du travail qui a été fait pendant six mois", a insisté au micro d'Europe 1 le technicien, arrivé en décembre pour mener une mission sauvetage qui relevait alors de la gageure. "Ce qui me dérange, c'est qu'on mette en doute l'intégrité du groupe et tout ce qui s'est passé en son sein, l'ambiance et l'état d'esprit."

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Serge Kasparian, acteur majeur du dossier. La figure centrale du dossier est l'actionnaire principal du Nîmes Olympique, Serge Kasparian, écroué dans l'affaire du cercle de jeux Cadet, à Paris. En enquêtant sur le cercle, le Service central des courses et jeux (SCCJ) a eu la conviction que des matches de foot avaient "été truqués". Les faits visent des actes de présumée "corruption active et passive". En clair, les enquêteurs se demandent si Kasparian n'a pas tenté d'arranger des matches pour que Nîmes reste en L2, ce qui était crucial pour lui au moment où il était en train d'entrer dans le capital du club. Une descente en National était alors inenvisageable pour les nouveaux investisseurs. "La descente n'aurait pas été une catastrophe, mais une bombe atomique", relève René Marsiglia qui, lui, n'a pas été entendu par les enquêteurs. "Quand on s'est maintenu, ils (les nouveaux investisseurs) ont dit : 'c'est grâce à nous'. Ils ont minimisé notre rôle (aux joueurs et à l'entraîneur, ndlr)." Pour autant, René Marsiglia insiste sur le fait qu'il n'était au courant au rien. "S'il m'avait parlé d'un truc comme ça, j'aurais rendu mon tablier", souligne-t-il.

24 cartons de bouteilles de vin. Plusieurs matches sont dans le collimateur des enquêteurs : CA Bastia-Nîmes (1-1), Dijon-Nîmes (5-1) et Caen-Nîmes (1-1). A chaque fois, Kasparian aurait tenté d'arranger le coup en faveur de son équipe, comme le raconte avec gourmandise le Canard Enchaîné daté du mercredi 19 novembre.

Ce dernier match avait déjà été largement commenté à l'époque, les deux équipes ayant allègrement levé le pied lors de la dernière demi-heure, alors que le score était de 1-1. Ce résultat arrangeait tout le monde : Caen assurait sa montée en Ligue 1 et Nîmes faisait un pas décisif vers le maintien en Ligue 2. L'ancien entraîneur de Nîmes ne nie pas que les deux équipes n'ont pas joué le jeu : "dans ma causerie aux joueurs, je leur avais dit : 'vous allez jouer un match de football qui ne va pas durer une heure et demie. Si, au bout d'une heure de jeu, il y a match nul, vous n'aurez plus de match'."

Mais il y aurait eu plus qu'un simple arrangement de circonstances. Les enquêteurs s'intéressent ainsi à la livraison dans le vestiaire caennais de... 24 cartons de 12 bouteilles de vin ! "Ce sont des choses qui doivent se faire entre présidents et si ça a été fait, c'est à notre insu", s'est défendu René Marsiglia. "C'est dévalorisant de parler de cartons de vins alors qu'on parle de montée et de descente." Outre Conrad, plusieurs autres acteurs du foot français ont été placés en garde à vue dans cette affaire : Jean-François Fortin, président de Caen, Olivier Dall'Oglio (entraîneur de Dijon) et Michel Moulin (ancien conseiller au PSG), proche de Dall'Oglio.