PSG-OL : ce très cher Parc

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PSG-OL : ce très cher Parc
@ Montage MAXPPP/REUTERS
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LIGUE  1 - Les fans de l'OL ne feront pas le déplacement, dimanche, au Parc des Princes.

Comme c'était déjà le cas à Saint-Etienne, le 10 novembre dernier, les ultras lyonnais ne seront pas présents dans la zone réservée aux supporters visiteurs, dimanche, pour le choc face au PSG, au Parc des Princes. Cette fois, il ne s'agit pas d'une décision des autorités mais d'un choix assumé. Les principaux groupes de supporters de l'OL, à commencer par les Bad Gones (Virage Nord) et Lyon 1950 (Virage Sud), ont en effet décidé de boycotter le Parc. Avant eux, les supporters toulousains, lorientais ou niçois avaient déjà agi de la même façon.

Des places à 45 euros

Comment expliquer que des ultras se privent ainsi d'un voire DU déplacement de l'année ? La raison est tarifaire. Fixé à 45 euros, le prix dans le "parcage" (cette zone du stade, sécurisée, où prennent place les supporters adverses en déplacement) est jugé "prohibitif" par les associations (les supporters "individuels", eux, peuvent toujours acheter des places sèches, c'est-à-dire sans le coût du déplacement, auprès du club). Ce prix dépasse en tout cas très largement ce qui se fait en Ligue 1, où la moyenne varie entre 10 et 15 euros (Lyon). L'an dernier, les supporters lyonnais avaient ainsi payé 25 euros "seulement" pour pouvoir soutenir leur équipe au Parc.

Communiqués des fans de l'OL (930x620)

© Montage bg87.com/lyon1950.fr/


"Force est de constater qu'aujourd'hui, même le soutien vocal n'est plus le bienvenue dans l'enceinte parisienne, puisque le prix des places en parcage est devenu prohibitif", dit le communiqué des Bad Gones. "Le prix nous empêche de proposer un déplacement à un tarif attractif",  Comme le veut le règlement de la Ligue, les places réservées aux supporters visiteurs sont vendues par le club qui reçoit au club visiteur. C'est lui qui gère ensuite la revente aux membres des associations. "Le Parc des princes est surfacturé par rapport aux autres stades", s'indignait en septembre un membre d'une association de supporters toulousains dans La Dépêche du midi. "Tout le monde a des budgets serrés en ce moment. Surtout qu’il faut aussi payer le voyage en bus."

"Le Parc, c'était mieux avant"

Supporters de l'Olympiakos au Parc (930x620)

Un autre élément irrite les supporters en déplacement au Parc. "Dans un souci d'équilibrer le rapport de force en tribunes entre supporters du PSG et supporters visiteurs, nous, supporters, sommes désormais interdits d'introduire dans l'enceinte du Parc des Princes mégaphone, tambours, banderoles, grands drapeaux, etc", se plaignent les Bad Gones. "Autant d'éléments indispensables à l'animation d'une tribune, qui plus est lors d'un déplacement." Les Bad Gones égratignent le PSG sur des choses que les anciens abonnés du Virage Auteuil et du Kop Boulogne reprochent à la direction du club de la capitale depuis plusieurs saisons maintenant : une volonté d'aseptiser le stade en privant le supporter de ses attributs, voire en voulant faire de tous les supporters de simples spectateurs. Le communiqué du Virage Sud lyonnais reprend même l'antienne des "anciens" abonnés du stade de la Porte d'Auteuil : "Le Parc, c'était mieux avant".

En tout cas, le Parc était différent. Cette saison, la partie de tribunes réservée aux visiteurs est passée du quart de virage entre la présidentielle et Boulogne pour s'installer entre la tribune Paris (la deuxième latérale) et Auteuil. Officiellement, ce déplacement s'est fait pour de raisons de sécurité, afin de mieux gérer les supporters aux abords du stade. Mais certains groupes ultras, comme ceux de l'OL, considèrent que le PSG en a profité pour tenter d'assainir tout son stade, y compris cette partie de tribunes visiteurs. Car, dans le transfert, le "parcage" (ici en photo lors du match face à l'Olympiakos Le Pirée en Ligue des champions) a également récupéré les tarifs désormais appliqués en quart de virage au Parc des Princes, soit 35 euros pour un match lambda et 45, donc, pour une affiche contre l'OL.

Le PSG a-t-il le droit de gonfler ainsi les prix ? Oui. Les règlements de la Ligue n'obligent en effet les clubs qu'à une seule chose. "Les places (vendues aux supporters visiteurs) ne peuvent en aucun cas être vendues à un prix supérieur à celui pratiqué pour les supporters locaux dans la même catégorie", détaille l'article 531. Le "modus vivendi" est d'aligner les places en "parcage" sur les tarifs les plus bas dans le stade. Or, les deux virages du Parc étant complets à l'année, la première catégorie de places vendues à l'unité est celle des quarts de virage...

Vers un modèle à l'anglaise

Pelouse du Parc des Princes (930x620)

Pour définir les prix des places, les clubs fonctionnent sur un principe de la réciprocité, à savoir qu'ils se mettent d'accord sur un prix qui sera appliqué lors du match aller pour les supporters des uns puis lors du match retour pour les supporters des autres. Ce prix dépasse rarement les 15 euros, à quelques exceptions près. Outre le PSG ou Bastia, il y a également l'autre nouveau riche, Monaco. "Le club nous a indiqué qu’il appliquerait un tarif de 20 euros pour le match Monaco-Nice", nous explique-t-on du côté de l'OGC Nice. "Le prix demandé lors du match aller (mercredi) sera donc identique."

En refusant de se mettre d'accord avec les clubs sur un tarif de réciprocité plus attractif, le PSG semble définitivement avoir basculé du côté... anglais des tarifs. C'est ce que pensent les associations de supporters, qui regrettent que le côté populaire des déplacements ait été sacrifié sur l'autel du chiffre. Sur le forum officiel du club, les supporters lyonnais rappellent qu'ils n'ont été qu'une seule fois confrontés à un tarif de l'ordre de 45 euros, lors du match face à Tottenham, à Londres (40 euros). Les déplacements de supporters dans l'Hexagone sont aujourd'hui en danger. L'impératif de sécurité, avancé par les autorités, a peut-être trouvé un allié avec la logique économique...