Fifa : Blatter et Platini dans l'oeil du cyclone

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Fifa : Blatter et Platini dans l'oeil du cyclone
@ FABRICE COFFRINI / AFP
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Le président de la Fifa est soupçonné d'un versement illégal de deux millions de francs suisses à son homologue de l'UEFA et candidat à sa succession.

L'ESSENTIEL

Les deux patrons du foot mondial sont dans l’œil du cyclone. Une procédure pénale suisse vise le président démissionnaire de la Fifa, Joseph Blatter, soupçonné notamment d'un versement illégal de deux millions de francs suisses (1,8 millions d'euros) en faveur de Michel Platini, président de l'UEFA et favori jusqu'ici à sa succession. Europe 1 récapitule cette affaire.


Les trois infos à retenir :

  • La justice suisse a ouvert une procédure pénale contre Sepp Blatter. Michel Platini a été entendu dans cette affaire.

  • Le président de la Fifa est soupçonné d'avoir offert deux millions de francs suisses (1,8 millions d'euros) à Michel Platini.

  • Manuel Valls a apporté son soutien à Michel Platini.

Blatter auditionné par des enquêteurs suisses. Vendredi après-midi, Blatter devait prendre la parole à l'issue du comité exécutif de la Fifa, le gouvernement du foot mondial, réuni depuis jeudi au siège de l'instance à Zurich. Mais l'intervention du Suisse de 79 ans a été repoussée une première fois avant d'être purement et simplement annulée, alors que 150 journalistes du monde entier s'étaient accrédités. Quelques minutes plus tard, l'explication est venue d'un communiqué du Ministère public suisse (MPC) : des enquêteurs ont "auditionné Joseph Blatter en qualité de prévenu" et "en parallèle, Michel Platini (également un des vice-présidents de la Fifa) a été entendu en qualité de personne appelée à donner des renseignements", de témoin donc.

Le Valaisan, président de la Fifa depuis 1998 et qui avait remis son mandat à disposition le 2 juin jusqu'à de nouvelles élections le 26 février, est soupçonné par le MPC "de gestion déloyale (qui s'apparente à de l'abus de biens sociaux, NDLR) et, subsidiairement, d'abus de confiance". Blatter, par la voix de son avocat américain Richard Cullen, a assuré "coopérer" avec la justice suisse et récusé toute "mauvaise gestion".

Un versement suspect à Platini. Blatter est tout d'abord accusé d'avoir "signé un contrat défavorable à la Fifa avec l'Union caribéenne de football (CFU), dont Jack Warner était le président. En clair, "Sepp" aurait vendu très en-dessous des prix du marché les droits de diffusion TV des Mondiaux-2010 et 2014 au sulfureux Warner (dont le nom revient dans tous les dossiers) en 2005, comme l'avait révélé le 12 septembre la chaîne de télévision suisse SRF. Mais il est également "reproché à Joseph Blatter un paiement (illicite) de deux millions de francs suisses en faveur de Michel Platini au préjudice de la Fifa, prétendument pour des travaux effectués entre janvier 1999 et juin 2002". "Ce paiement a été exécuté en février 2011", souligne la justice suisse, sans donner plus de détails et préciser donc la nature de ces travaux.

Platini se défend. Michel Platini, dont le nom apparaît pour la première fois dans une enquête judiciaire, s'est défendu dans un communiqué publié vendredi en début de soirée en expliquant que ce versement a été effectué "pour un travail accompli de manière contractuelle pour la Fifa". "Je suis satisfait d'avoir pu éclaircir ce point envers les autorités", a ajouté le Français, dont la candidature subit un premier gros accroc alors qu'il était sur la voie royale pour succéder à Blatter.

L'ancien numéro 10 de l'équipe de France a reçu le soutien du Premier ministre français Manuel Valls qui a dit lui faire "entièrement confiance" tout en précisant qu'il revenait "à la justice de faire son travail". Le secrétaire d'Etat aux Sports, Thierry Braillard, lui a également apporté son soutien.
                  
Cette nouvelle déflagration judiciaire au sommet du foot mondial intervient une semaine après la dernière secousse. Le secrétaire général de la Fifa, Jérôme Valcke, avait été relevé de ses fonctions la semaine dernière, accusé par la presse britannique, sur dénonciation d'un consultant de l'instance mondiale, d'avoir touché des commissions sur une revente de billets au marché noir.