"C'est injuste comme l'esclavage"

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"C'est injuste comme l'esclavage"
@ REUTERS
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COUPE DU MONDE - Le Samoan Sapolu Fuimaono s’en est pris au calendrier sur Twitter.

Alors que certaines fédérations, comme la néo-zélandaise, ont interdit à leurs joueurs de tweeter, ce n'est visiblement pas le cas de la fédération samoane. Le centre Eliota Sapolu Fuimaono s'est ainsi lâché contre la Fédération internationale de rugby (IRB), au lendemain de la défaite de son équipe face au pays de Galles, dimanche (17-10). "Comment allons-nous nous mettre fin à la différence de traitement qui existe actuellement avec le pays de Galles et les riches ? Eh, l'IRB, dites-nous !!!", s'est emporté sur Twitter le joueur, entré en jeu dimanche.

La raison de sa colère ? Le calendrier de la Coupe du monde. Les Gallois ont disputé leur premier match le dimanche 11 septembre, les Samoans le mercredi 14. Ces derniers ont donc eu trois jours de récupération en moins avant le match qui a opposé les deux équipes, dimanche. "L’IRB, arrêtez d'exploiter mon peuple. S'il vous plaît, tout ce que nous demandons, c'est l'équité. Si on leur donne une semaine (de repos), donnez-nous une semaine aussi. Simple. #équité #justice", poursuit Sapolu Fuimaono. "Donnez au pays de Galles trois jours de repos et une semaine aux Samoa. On les tuerait !"

Problème, le centre de Gloucester est allé encore plus loin, et même beaucoup trop loin... "OK, il est évident que l'IRB est injuste. Un traitement injuste, comme l'esclavage, l'holocauste, l'apartheid." Ce dernier tweet a suscité une vive polémique et le joueur samoan a subi une remontrance (mais pas de sanction) de la part de l'IRB, qui a établi un règlement sur l'usage des réseaux sociaux durant la compétition. Si Sapolu Fuimaono a supprimé son tweet, son discours, lui, ne s'est pas adouci : "Les massacres des Maori, des Juifs, des Africains, sont tous affreux.  Ils ont commencé par l'idée qu'une classe est supérieure à une autre", "Vous pensez vraiment que je n'arrive pas à différencier les deux ? La racine de tout cela est l'injustice. Mais les conséquences sont incomparables", etc.

Canada, Ecosse, Géorgie et Namibie critiquent aussi

Si personne n'est allé aussi loin que lui, Sapolu Fuimaono n'est pas le premier à critiquer le calendrier de ce Mondial, connu depuis longtemps et qui rend amers les "petits" au fil de leurs défaites... Le sélectionneur du Canada, qui a eu trois jours de repos de moins que le XV de France avant le match de dimanche, a également critiqué ce calendrier, tout comme Andy Robinson, l'entraîneur de l'Ecosse, seule nation européenne à avoir débuté la compétition par deux matches en cinq jours. La Géorgie et la Namibie se sont également plaintes de leur sort.

Une chose saute aux yeux : ce calendrier fait la part belle aux grosses nations. Celles-ci ont environ une semaine de repos entre chaque match. Pour quelle raison ? Elle est simple : l'audimat et les droits télévisés, principale source de revenus pour l'IRB. Avec un décalage horaire défavorable pour les "marchés" européens, les matches des grandes nations, notamment celles du Nord, sont presque tous programmés le week-end. Cet impératif commercial va engendrer des aberrations jusque la fin du premier tour, comme le souligne Sapolu Fuimaono. L'équipe de Namibie n’aura que quatre jours de repos entre ces deux matches face à l'Afrique du Sud, ce jeudi, puis contre le pays de Galles, le lundi 26...

Quelles sont les solutions à la disposition de l’IRB ? Faire jouer toutes les équipes le week-end ? Ce serait le plus équitable mais cela engendrerait un rallongement de la compétition, déjà bien étalée, et toucherait d'autant plus les championnats nationaux, comme le Top 14, où évoluent les internationaux. Alléger le calendrier en réduisant le nombre de matches ? Cela reviendrait à diminuer le nombre d'équipes qualifiées, en passant de 24 à 16. Mais là, les plus petites équipes ne pourraient plus se plaindre. Elles ne participeraient plus à la compétition…