Christian Prudhomme sur le parcours du Tour 2019 : "Avec sept cols à plus de 2.000 m, on peut avoir des surprises"

Christian Prudhomme lors de la présentation du Tour 2019 (1280x640) STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, est revenu jeudi au micro d'Europe 1 sur la présentation de l'édition 2019, très montagneuse.
INTERVIEW

Le Tour 2019 sera montagneux. Très montagneux, même. Pas moins de trente cols seront ainsi au programme de l'épreuve, qui s'élancera le 6 juillet prochain de Bruxelles et dont la présentation a eu lieu jeudi. Mais ce qui marque surtout, c'est la présence en nombre de plusieurs cols au-delà de 2.000 m : sept, pas moins.

"Il y a une volonté avec ce centenaire du Maillot jaune (créé en 1919), qui symbolise l'excellence, qui porte vers le haut, d'aller vers des cols qui sont en très haute altitude", a confié le directeur de l'épreuve, Christian Prudhomme, au micro d'Europe 1. "Il n'y a pas plus de cols hors catégorie que les autres années, c'est même plutôt le contraire, mais oui, ils sont très haut, et l'augmentation du nombre global de cols se fait plutôt sur la moyenne montagne. La montagne, ce ne sont pas donc simplement que les grands cols, même si, à l'évidence, nous avons voulu pour cette édition 2019 des cols emblématiques et si, pour la première fois dans l'histoire du Tour, il y aura trois arrivées à plus de 2.000 m, au Tourmalet, à Tignes et à Val Thorens." 

"L'aspect physiologique" des 2.000 m. Évidemment, l'arrivée d'étape au Tourmalet, 2.115 m d'altitude, le passage du col de l'Iseran, à 2.770 m (!), ou encore la montée finale vers Val Thorens (2.365 m) à la veille des Champs-Élysées, sont propices au spectacle et, pourquoi pas, au suspense, alors que l'équipe Sky a posé sa main sur le Tour depuis 2012 avec six victoires en sept éditions.

"Il y a un aspect physiologique qui est certain, qui est intéressant, c'est-à-dire que dans notre volonté, non pas de durcir la course, mais mettre de l'incertitude, les athlètes de haut niveau ne réagissent pas de la même manière au-delà de 2.000 m", insiste Christian Prudhomme. "Donc les meilleurs grimpeurs en-dessous de 2.000 m ne seront peut-être pas les meilleurs grimpeurs au-dessus de 2.000 m, et cette incertitude-là nous va bien car je ne sais absolument pas qui cela va favoriser ou défavoriser. Ce qui est certain, c'est qu'avec sept cols à plus de 2.000 m, on peut avoir des surprises…"

Ce tracé très montagneux le rend aussi déséquilibré puisque toute la partie ouest de la France ne sera pas visitée. "Comme ce Tour-là est très axé sur la montagne, et c'est la géologie de la France, nous serons quasiment tout le temps l'été prochain à droite d'une ligne Pays basque/Alsace", relève le patron du Tour. "C'était exactement le contraire l'année dernière car nous étions partis de Vendée et des Pays de la Loire. Si vous superposez les cartes du Tour de France des quatre ou cinq dernières années, vous allez voir qu'on va partout, qu'on essaie d'aller partout. Le tracé du Tour de France, il est d'abord fait sportivement bien sûr, il est fait esthétiquement, mais il est fait aussi pour aller partout. On a la chance d'avoir 300 candidatures pour être étape du Tour, il n'y a que 35 places, donc bien évidemment, pour certains, il faut attendre un peu, mais il y a la volonté d'aller partout."

Passage par le quartier de Bagatelle. Et cette volonté "d'ailler partout" se traduit aussi cette année par un passage dans un quartier populaire de Toulouse, à Bagatelle. "Ce n'est pas la première fois (que le Tour passe par un quartier populaire) car nous sommes déjà partis de Tomblaine, à côté de Nancy. Nous sommes aussi arrivés à Valence l'année dernière tout près d'un quartier, mais là, nous serons à côté du quartier de Bagatelle, où vit l'association Média Pitchounes, qui suit le Tour depuis des années avec des jeunes qui veulent être journalistes et qui aiment le Tour. La ville de Toulouse a souhaité que l'on puisse faire ça et l'on en est très heureux pour ces gamins qui auront le Tour au plus près de chez eux, car nous sommes gros, et pour des contingences logistiques et techniques, nous serons à quelques hectomètres." Autant dire presque rien, pour une édition 2019 qui comptera 3.460 kilomètres.