Violences obstétricales : "L'épisiotomie reste trop fréquente"

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Pour Margaux Collet, co-rapporteure du rapport sur les actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical, invitée vendredi sur Europe 1, les épisiotomies sont encore trop nombreuses en France.

INTERVIEW

Les épisiotomies, ces incisions du périnée réalisées pendant les accouchements afin de laisser passer le bébé, sont-elles encore trop nombreuses en France ? Oui répond vendredi sur Europe 1 Margaux Collet, co-rapporteure du rapport du Haut conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes (HCE) sur les actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical.

"D'autres facteurs que la nécessité médicale". En France, près d'un accouchement sur cinq donne lieu à une épisiotomie. "L'épisiotomie reste trop fréquente même si elle est en baisse. Il y a dix ans, c'était un accouchement sur deux mais c'est toujours deux fois plus que ce que recommande l'Organisation mondiale de la santé (OMS)", pointe-t-elle au micro de Raphaëlle Duchemin. "En plus d'être trop fréquente, elle est très variable en fonction des maternités. Cela montre qu'il y a d'autres facteurs que la nécessité médicale".

Au delà du chiffre, ce sont les conditions dans lesquelles elle est réalisée qui posent problème, détaille Margaux Collet : "Dans un cas sur deux, la femme déplore l'absence d'information sur la nécessité de l'acte". 

Six actes sexistes. Outre les actes exercés sans consentement comme l'épisiotomie, le Haut conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes a relevé dans son rapport plusieurs types d'actes sexistes dont sont victimes les femmes durant le suivi gynécologique et obstétrical : la non prise en compte de la gêne d'une patiente, les jugements sur la sexualité, le poids ou le désir d'enfant, les injures sexistes, les refus d'actes et les violences sexuelles. Il préconise désormais de rendre publiques les données par maternité (épisiotomie, césarienne, déclenchement) et de créer un entretien post-natal obligatoire pris en charge par la Sécurité sociale. 

"On cible également la formation des professionnels de santé car on voit que des médecins, des sages femmes, des infirmiers sont désignés dans les témoignages. Or, ils n'ont pas conscience qu'ils sont mal traitants", explique la co-rapporteure. Par ailleurs, "les femmes méconnaissent beaucoup leur droits en matière de santé sexuelle et de reproduction. Combien de femmes ne savent pas qu'un médecin n'a pas le droit de les dissuader de pratiquer un avortement ? Elles restent également peu informées sur ce qu'est de la première consultation gynécologique".