Vague de froid : Christian, SDF à Paris, "n'attend rien de l'État"

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Christian Page, sans-abri à Paris depuis trois ans, s'équipe modestement pour se préparer à dormir dans la rue avec un mercure en négatif, sans rien attendre de l'État.

INTERVIEW

Christian Page vit dans la rue depuis trois ans maintenant et l’arrivée de la nuit la plus froide depuis le début de l’hiver à Paris a naturellement inquiété ce sans-abri, qui ne bénéficie pas de l'hébergement d'urgence. "On ne la voit pas arriver, la nuit la plus froide, même si on s’inquiète de la météo. On ne peut pas savoir quand on va se prendre deux heures de neige sur la gueule", témoigne Christian Page dans Europe Soir mercredi.

"Il y a des gens faibles, qui meurent de froid". "Après, on s’y attend donc on se prépare. Il faut s’équiper… Moi j’ai des couvertures, des duvets qui me permettent de tenir à une certaine température, je me démerde pas mal", ajoute-il. Mais Christian Page rappelle qu’avec un mercure en négatif, les sans-abri les plus fragiles succombent à cette vague de froid exceptionnelle : "Je tente de survivre. Je suis en bonne santé, tout va bien pour moi, il n’y a pas de soucis pour l’instant, mais il y a des gens qui sont faibles et qui meurent de froid dans la rue."

Sommelier il y a cinq ans, Christian Page est devenu SDF à la suite d’"accidents" de vie : chômage, divorce, expulsion de son logement… Il vit désormais dehors depuis trois ans. "On ne s’habitue pas, on ne vit pas dans la rue parce que ça nous fait plaisir, il y a un concours de circonstances et des accidents qui font qu’on vit dans la rue." Christian Page a fait une demande d’hébergement d’urgence en février 2015, qui est restée sans réponse depuis. 

"Je sais pas où dormir ce soir". Alors qu’une nouvelle nuit se profile avec des températures avoisinant les -5 degrés, Christian Page ne sait pas encore où il va dormir. "On verra bien, je ne sais pas. J’ai toujours un plan B mais là, à dire honnêtement, je ne sais pas", lâche-t-il évasif. Aujourd’hui, ce sans-abri affirme ne plus rien attendre de l’État et se réjouit de l’aide apportée par les badauds qui passent devant lui dans la rue : "Je n’attends rien de l’État, il y a beaucoup de gens qui me dépannent, qui m’aident, avec de la nourriture, de l’argent, des vêtements. Il n’y a rien à leur demander, ces gens réagissent naturellement."