Une opératrice du Samu jugée pour une erreur d’appréciation fatale

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Une opératrice du Samu jugée pour une erreur d’appréciation fatale
@ AFP
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Un an avec sursis a été requis lundi contre l’opératrice, jugée pour "homicide volontaire". Celui d’une jeune maman de 27 ans.

C'est le procès d'un drame qui se tient cet après-midi au tribunal correctionnel d'Angers. Celui d'une opératrice téléphonique du 15, le Samu, et du CHU d'Angers. Il est reproché à cette employée d'avoir refusé d'envoyer des secours au domicile d'une jeune femme de 27 ans qui faisait un malaise. Le mari de la patiente a appelé plusieurs fois avant d'obtenir l'envoi d'une ambulance, qui arrivera finalement trop tard pour la sauver. La jeune femme était morte un peu plus tard. La permanencière auxiliaire de régulation médicale comparaissait lundi pour "homicide involontaire", devant le tribunal correctionnel d’Angers.

>> MAJ, le 20/01/2015, à 11 heures :  Un an de prison avec sursis a été requis contre l'employée. Cinquante mille euros d'amende ont été demandés à l'encontre du CHU d'Angers. Le jugement a été mis en délibéré au 16 mars.

"J’ai vu Stéphanie partir doucement". 36 minutes. C’est le temps qu’il s’est écoulé ce jour-là, le matin du 9 avril 2009, entre le premier coup de téléphone d'Arnaud Blot et le moment où une ambulance est envoyée chez lui. Le mari de la victime, puis sa sœur, vont multiplier les appels au 15. Mais au bout du fil, l'opératrice n'en démord pas : c'est une crise d'angoisse, il donc faut aller chez un médecin généraliste. Pourtant, l'état de Stéphanie, 27 ans, qui a accouché un mois et demi plus tôt, ne cesse de se dégrader.

"Elle se crispe, elle a les doigts qui deviennent tout durs et elle s’urine dessus. J’ai vu Stéphanie partir doucement sans que je puisse faire quelque chose et sans que l’on puisse venir m’aider", raconte Arnaud Blot au micro d’Europe 1.

"On lui a enlevé toute chance de survie". Quand les secours arrivent, Stéphanie est inconsciente. Elle meurt plus tard dans la journée, d'une embolie pulmonaire. Un décès qui aurait pu être évité veut croire son mari. "Entre le deuxième coup de fil, où il y a tous les mots-clefs, plus les six minutes de trajet… normalement, ils auraient du trouver Stéphanie consciente en arrivant au domicile", déplore Arnaud. Considère-t-il que la mort de sa femme soit due à ce retard dans la prise en charge ? "Je ne peux pas être plus direct que ça, mais en tout cas on lui a enlevé toute chance de survie, c’est sûr".

Arnaud vit désormais seul avec ses trois enfants. Il espère que le tribunal condamnera l'opératrice du 15, notamment pour en finir avec ce sentiment que ce matin d'avril 2009, il n'a pas fait ce qu'il fallait pour sauver sa femme.