Un syndicaliste CGT condamné pour jet de peinture

  • A
  • A
Un syndicaliste CGT condamné pour jet de peinture
Le prévenu qui a été condamné vendredi, un administrateur de la CGT-Construction de 53 ans, a nié être l'auteur des jets de peinture. Image d'illustration. @ PHILIPPE HUGUEN / AFP
Partagez sur :

Il a été condamné vendredi à à une amende de 500 euros et à payer 17.000 euros à la Fédération française du bâtiment.

Un syndicaliste CGT a été condamné vendredi à Paris à une amende de 500 euros et à payer 17.000 euros à une fédération patronale au titre du préjudice subi pour avoir projeté de la peinture sur son bâtiment en 2014.

Le prévenu a démenti les faits. Le prévenu, un administrateur de la CGT-Construction de 53 ans, conteste être l'auteur de jets de peinture ayant atteint une façade vitrée de la Fédération française du bâtiment (FFB). Photographié avec un fusil paintball à la main, il assure avoir "confisqué" l'objet à son propriétaire.  La procureure avait requis un an d'emprisonnement avec sursis, 4.000 euros d'amende dont la moitié avec sursis, et l'interdiction de se rendre aux abords de la FFB pendant 3 ans. La présidente de la 15e chambre a "estimé qu'il y a eu des dégradations très amples" mais "à caractère contraventionnel" et non délictuel, imposant une amende de 500 euros.

Le syndicaliste, accompagné au tribunal par quelque 70 soutiens, devra payer en outre plus de 14.500 euros en réparation du préjudice matériel, 1.000 euros pour le préjudice moral et 1.500 euros en frais de justice. Le parquet et les deux parties ont dix jours pour faire appel.

Deux visions différentes de la manifestation. À la barre du tribunal correctionnel de Paris, le 4 novembre dernier, CGT et FFB avaient livré deux versions diamétralement opposées de la manifestation organisée par une quarantaine de militants CGT, en avril 2014 au siège de la chambre patronale, contre la pénibilité. Un rassemblement avec "des confettis, des tracts, des autocollants et des billes de peinture à l'eau", bref des "salissures" et non des dégradations "irréversibles", selon Marion Ménage, avocate du prévenu. Un "envahissement" des locaux de plus de 5 heures, avec des "pressions physiques intolérables" commises à l'encontre du personnel, ce qui a créé "un climat d'inquiétude permanent" d'après Claude Vaillant, conseil de la FFB. La manifestation d'avril 2014 visait à dénoncer les dangers de la profession qui fait "un mort par jour travaillé", selon la CGT. Le syndicat réclamait alors un départ en retraite anticipé pour les métiers pénibles.