"J'ai 6 cm de tibia en moins", témoigne un rescapé du Bataclan

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"J'ai 6 cm de tibia en moins", témoigne un rescapé du Bataclan
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Un mois après les attentats, Cyril, toujours alité dans un hôpital parisien, raconte à Europe 1 ces trois heures d'enfer au Bataclan et les traumatismes qui s'en suivent. 

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Ces quelques heures d'horreur resteront gravées dans sa mémoire. Ce 13 novembre qui devait rimer avec fête, a viré au cauchemar. Deux heures après le début du show des Eagles of Death Metal, Cyril comprend que la soirée va prendre un autre tournant au Bataclan. Vers 21h40, trois hommes pénètrent dans la salle de spectacle. Les tirs fusent, "les corps volent", l'impensable se produit. Cyril voit un islamiste s'approcher. "Son arme s'enraye. Là, je me dis qu'il faut lui sauter dessus." Mais en tentant d'avancer vers lui, l'homme de 37 ans comprend qu'il y a un autre problème. "Je n'arrive plus à marcher. Je me retourne et je vois que j'ai le pied arraché. Je m'étais fait tirer dessus et je ne l'ai même pas senti."

Des tirs toutes les 10 secondes. Face à lui, un autre blessé. Le sang coule. "J'ai essayé de faire un garrot pour en perdre le moins possible mais tout en faisant le mort." Les terroristes rôdent et, par moment, le silence se rompt. "Ils sont juste au dessus de moi. Ça tire non-stop toutes les dix secondes et là on se dit, la prochaine, elle est pour moi."

La peur de mourir. L'attente se transforme en éternité. "On attend, on attend, on attend… On commence à respirer fort, à avoir froid. On n'y arrive plus, on n'a plus de force. On a peur de mourir, on est dans une flaque de sang. On a lutté pour survivre et là on n'y arrive plus." Jusqu'à ce que les choses se bousculent. "Un se fait exploser juste au-dessus de moi. On est content car ça fait un de moins." Vers 0h20, presque 3 heures plus tard, l'assaut des forces de l'ordre est donné. Les deux autres kamikazes se retranchent avec des otages mais ne s'en sortiront pas.


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6 cm de tibia en moins. Quant à Cyril, il est rapidement transporté à l'hôpital. Un lieu qu'il n'a pas quitté depuis. Toujours alité, les séquelles de ce traumatisme sont physiquement présentes. "J'ai 6 cm de tibia en moins. Je ne suis pas sûr de pouvoir remarcher." Les incertitudes sont nombreuses également concernant l'avenir. "On verra plus tard. A la fois, j'ai envie de continuer comme avant, à la fois, j'ai envie de faire autre chose, de monter une armée pour tous les tuer. Tous les sentiments se mêlent." Rester optimiste, voilà la thérapie prônée par l'équipe médicale.

"Ils rigolaient quand ils tuaient les gens". Depuis l'hôpital Saint-Antoine à Paris, Cyril n'a pas souhaité se reconnecter au monde extérieur en écoutant les infos, à l'exception de témoignages. Parfois, il partage également son traumatisme avec d'autres rescapés. "J'ai parlé à quelqu'un qui lui avait gardé les yeux ouverts… Il racontait qu'ils rigolaient quand ils tuaient les gens à bout portant."

Progressivement, les rescapés quittent les lieux. Pour Cyril, l'attente sera encore longue. Le blessé patiente toujours pour une greffe d'os et de peau pour son pied. Jeudi, 60 blessés des attentats de Paris étaient encore hospitalisés selon la direction générale de la Santé, dont huit en réanimation. "Certains ont pu se reconstruire. Nous, on n'a pas encore franchi cette étape".

>> Retrouvez l'interview en intégralité


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