Un carnet de santé jugé sexiste retiré des maternités

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Un carnet de santé jugé sexiste retiré des maternités
@ Capture d'écran d'un tweet de Lawra
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Jugées sexistes par les associations féministes, les carnets de santé remis aux parents dans les maternités des Bouches-du-Rhône vont être réédités.

Le conseil général des Bouches-du-Rhône le reconnaît : l'image est "inappropriée". Jugés sexistes par les associations féministes, les carnets de santé remis aux parents dans les maternités du département vont être réédités. Ces carnets de santé coûtant un euro pièce à la conception, la facture de cette réédition s'élèvera donc à 33.000 euros, indique une porte-parole du Conseil départemental, qui souligne que le carnet avait été validé par le précédent exécutif.

Une petite fille soucieuse de son tour de taille. Sur l'image de couverture de ce carnet de santé en question, on voit une jeune fille inquiète en calculant son tour de taille (pourtant bien peu élevé) et un petit garçon, tout sourire, en train de se mesurer.



Le visuel choisi a été vivement critiqué sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes dénonçant la culture de la maigreur imposée dès le plus jeune âge aux jeunes filles. Sur Twitter, l'association Osez le féminisme estime que le Conseil général des Bouches-du-Rhône "cultive les stéréotypes de genre auprès des enfants et de leurs parents".

Une forme de banalisation de l'anorexie. Face aux remarques, le conseil départemental a donc décidé de retirer le carnet de santé 2015. "Et un nouveau document avec un autre visuel sera édité dans les plus brefs délais", indique le Conseil départemental. "Le visuel choisi pour illustrer la dernière édition et validé par le précédent exécutif apparaît inapproprié au regard des enjeux de santé publique, notamment liés à la lutte contre l'anorexie pour les jeunes filles", reconnaît l'instance, qui remet en partie la faute sur le précédent exécutif.

Pas une discrimination. Forcé de s'expliquer, Michel Amiel, ancien vice-président du Département des Bouches-du-Rhône délégué à la protection infantile, estime qu'il n'y a pas lieu de polémiquer. "On peut considérer dans un élan hyper féministe, que la petite fille qui mesure sa taille soit quelque chose qui pourrait traduire une espèce de discrimination entre l'homme et la femme mais ce n'est pas du tout le cas", a-t-il réagi sur France Bleu.