Tué “pour un simple regard” : d’abord acquitté, le meurtrier condamné en appel à 20 ans de prison

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Tué “pour un simple regard” : d’abord acquitté, le meurtrier condamné en appel à 20 ans de prison
Acquitté en 2015, Youssef Loukil a été condamné vendredi en appel à 20 ans de réclusion criminelle.@ DAMIEN MEYER / AFP
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Deux ans après avoir été acquitté pour assassinat, Youssef Loukil, accusé d'avoir tué un homme "pour un simple regard" en 2012, est condamné vendredi en appel à 20 ans de réclusion.

La cour d'assises de Seine et Marne a condamné vendredi en appel à 20 ans de réclusion Youssef Loukil, accusé d'avoir tué "pour un simple regard" Clément Hérisson, 24 ans, en 2012, à Angerville, dans l'Essonne, alors qu'il discutait dans une voiture avec un ami.

Acquitté en première instance. Lors du premier procès, en septembre 2015 à Evry, Me Eric Dupond-Moretti avait réussi à convaincre magistrats et jurés de "laisser le doute profiter" à son client, âgé de 35 ans, qui avait toujours clamé son innocence. L'avocat, surnommé "Acquitator" par les médias pour ses nombreux acquittements en cour d'assises, avait alors souligné avec succès les zones d'ombre entourant le dossier et obtenu l'acquittement de son client.

"Acquitator" perd le match retour. Lors du procès en appel, qui s'est déroulé cette semaine à Melun, "Acquitator" a perdu son bras de fer avec l'accusation. La cour d'assises de Seine et Marne a suivi les réquisitions de l'avocat général Rémi Crosson du Cormier, qui avait mis en avant les nombreux résidus de tirs retrouvés dans la voiture de l'accusé, notamment sur le volant et le levier de vitesse, et réclamé entre 18 et 20 ans de réclusion. Mince consolation pour Me Eric Dupond-Moretti : les juges n'ont pas retenu la préméditation et requalifié l'"assassinat" en "meurtre".

La mort de Clément Hérisson avait marqué Angerville, une commune semi-rurale de 4.000 habitants. Un soir d'avril 2012, au fond d'une impasse, le véhicule de la victime avait essuyé cinq coups de feu. Touché à la tête et à l'omoplate, Clément Hérisson succombait à ses blessures le lendemain. Son ami Farouk, qui l'accompagnait, en réchappait miraculeusement. Seul témoin de la scène, Farouk avait désigné Youssef Loukil comme étant le tireur et avancé un mobile flou : "une guerre des regards".