Très émue, Brigitte Lahaie clarifie ses propos polémiques sur le viol

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Dans un débat avec la militante féministe Caroline de Haas, l'animatrice Brigitte Lahaie a affirmé que l'on pouvait "jouir lors d'un viol". Des mots qui ont profondément choqué l'opinion publique.

Ses propos avaient semé l'émoi dans l'opinion publique, et notamment chez les femmes victimes de violences sexuelles. Mercredi, lors d'un débat organisé sur BFMTV, opposant Caroline de Haas, militante féministe, et Brigitte Lahaie, l'une des cent femmes signataires d'une tribune dans Le Monde contre le puritanisme, l'animatrice radio a choqué en déclarant que l'on pouvait "jouir lors d'un viol". Invitée sur le plateau de TV5 Monde vendredi, dans l'émission L'invité qui sera diffusée ce vendredi à 18h30, l'ancienne actrice de films pornographiques a été priée de clarifier ses propos.

"J'aurais peut-être dû ajouter 'malheureusement'". Brigitte Lahaie est apparue très affectée après cette journée de polémique. "Je regrette que cela ait été sorti de son contexte", a-t-elle débuté, avant de défendre que l'orgasme pendant un viol est "malheureusement une vérité". "J'aurais peut-être dû ajouter 'malheureusement'", reconnaît toutefois l'animatrice. "Malheureusement, on peut jouir d'un viol, ce qui rend la reconstruction d'autant plus difficile. Ce que je voulais dire, parce que je connais par cœur les questions de sexualité, c'est que, parfois, le corps et l'esprit ne coïncident pas", argumente Brigitte Lahaie.

Si c'est comme ça que le monde marche, OK, je présente mes excuses

"Je ne l'ai pas dit pour blesser". Interrogée sur ses éventuels regrets, l'animatrice spécialisée dans les questions de sexualité nuance. "Je peux regretter cette phrase parce que je n'ai pas vécu une journée très agréable", commence-t-elle, des sanglots dans la voix. "Mais est-ce que je peux regretter de dire les choses telles qu'elles sont ? (…) Évidemment que je ne l'ai pas dit pour blesser", assure-t-elle. "C'est à la mode aujourd'hui. On dit quelque chose, c'est repris par les réseaux sociaux, on est lynché, et il faut faire des excuses. Si c'est comme ça que le monde marche, OK, je présente mes excuses", consent-elle.

"Trop d'affect, pas assez de compréhension". L'animatrice radio a ensuite tenu à clarifier sa pensée. "Je suis d'accord qu'un homme n'a pas le droit de violer une femme. On commence cette tribune en disant 'Le viol est un crime'. On ne peut pas être plus clair. Je suis d'accord qu'un homme n'a aucune raison de se frotter à une femme dans le métro. C'est insupportable. Moi-même, je sais ce que c'est de subir des choses sexuelles dont on n'a pas envie", explique-t-elle. "La phrase est totalement sortie de son contexte. Et il y a trop d'affect, et pas assez de compréhension. Je n'ai jamais pris la défense d'un violeur parce qu'il aurait donné du plaisir à la femme qu'il viole. Je dis juste que malheureusement, dans certains cas, des femmes ont pu avoir du plaisir. Notamment quand ce sont des jeunes femmes qui subissent un inceste", avance Brigitte Lahaie. "Aujourd'hui, la compréhension de la sexualité recule plus qu'elle n'avance. C'est tout ce que je peux dire."

En larmes. Un peu plus tard dans l'entretien, le journaliste Patrick Simonin lui demande si elle souffre. L'animatrice répond dans un souffle : "Je crois que ça se voit", avant de fondre en larmes. Je suis une "femme qui a souffert dans sa chair et qui depuis trente ans aide les femmes à se libérer", soutient Brigitte Lahaie, qui assure n'avoir "aucune violence contre les autres" et ne pas opposer les féminismes.

Lâchée par les signataires de la tribune. Après ses propos polémiques, l'ancienne actrice a même été lâchée par les co-signataires de la tribune contre le puritanisme. Dans un communiqué publié sur Facebook ce jeudi 11 janvier, Peggy Sastre, une des rédactrices du texte Nous défendons une liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle a en effet fait savoir que "les rédactrices et les signataires de la tribune se désolidarisent totalement des propos tenus par Brigitte Lahaie. (…) Nous sommes une très large majorité à considérer que ces propos sont insultants envers les femmes victimes de violences sexuelles et de viols." "Je comprends très bien qu'elles se désolidarisent. Il vaut mieux me lâcher, ça va calmer le jeu", répond Brigitte Lahaie.

Des propos décriés sur les réseaux sociaux. Après la diffusion du débat mercredi, l'actrice a rapidement été la cible de critiques, notamment sur les réseaux sociaux. Sur son compte Instagram, Flavie Flament, qui a révélé il y a quelques mois avoir été violée par le photographe David Hamilton lorsqu'elle était adolescente, a vivement réagi aux propos de Brigitte Lahaie. L'animatrice, qui avait été missionnée par l'ancienne ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes Laurence Rossignol pour mener une réflexion sur un possible allongement du délai de prescription des viols commis sur des mineurs, a posté une photo d'époque de l'ancienne actrice X, accompagnée de hashtags exprimant toute sa colère : "#pitoyablerécolte" ou encore "#protégerlesvioleurs".

La publication a été très commentée, essentiellement par des internautes s'offusquant du discours de Brigitte Lahaie, et de son impact sur des femmes violées. "Vous auriez pu avoir la pudeur (au moins psychique) et la tempérance de penser à ces milliers de femmes, meurtries dans leur chair, marquées à vie par l'abjection du viol, détruites dans leur plus profonde intimité. Vous qui vous érigiez, il y a peu encore, en donneuse de conseils sur la sexualité… Quelle déception ! Quelle infamie ! Puissiez-vous un jour vous rendre compte de l'ineptie de vos propos", a réagi un internaute.