Trente imams appellent à combattre la radicalisation : la Licra salue un "texte important" et "une prise de conscience"

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Mario Stasi, avocat et président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, réagit à la tribune publiée dans Le Monde mardi par trente imams qui confessent leur impuissance de voir l'Islam tomber dans les mains d'une jeunesse ignorante, perturbée et désœuvrée.

INTERVIEW

Un texte "important", une "prise de conscience". Mercredi, au micro de Patrick Cohen sur Europe 1, Mario Stasi, avocat et président de la Licra, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, a dit avoir très bien accueilli la tribune publiée mardi dans Le Monde par trente imams qui s'engagent à combattre la radicalisation d'une jeunesse "ignorante, perturbée" et tentée de commettre des crimes "au nom de l'islam". "J'ai toujours souhaité qu'il y ait cette prise de conscience", s'est-il réjoui. "J'ai toujours considéré que le terrorisme et l'antisémitisme avait à voir avec un islam dévoyé. Et qui dit islam dévoyé, dit prise de conscience de l'islam modéré largement répandu dans notre République. Il doit en effet dénoncer les atrocités et l'antisémitisme", a-t-il ajouté.

Un appel à l'engagement. Pour autant, Mario Stasi estime que ce texte, tout comme le manifeste contre un nouvel antisémitisme, publié dimanche dénonçant un "silence médiatique" et une "épuration ethnique à bas bruit" dans certains quartiers et dont il est signataire, ne sont que des étapes. "Ce qui m'importe, c'est ce que nous allons faire de ces prises de consciences, de ces moments d'indignations. Si l'on n'en fait rien, dans deux ans on se retrouvera dans la même situation", pointe-t-il. "Maintenant ce qui compte c'est l'engagement. Nous avons à la Licra 30.000 bénévoles qui se sont déplacés dans les lycées pour expliquer le racisme, l'antisémitisme. Aujourd'hui, j'appelle tous les signataires à nous accompagner à faire leur job de citoyen, à être à nos côtés dans cet engagement quotidien".

Le manifeste "met les mots sur une réalité". Par ailleurs, il expliqué que le manifeste contre un nouvel antisémitisme, vivement critiqué par certains responsables musulmans car ils estiment qu'il "accable l'islam et les musulmans" selon les termes du président de l'observatoire national de l'islamophobie, devait être lu comme "un appel aux autorités religieuses à clarifier leur position". Selon Mario Stasi, le texte ne cherche aucunement à "opposer une religion à une autre". "J'ai lu attentivement ce manifeste avant de le signer. Peut être que certains termes ont été forts et ont pu choquer mais il a la qualité de mettre les mots sur une réalité. Et j'ai pu constater qu'il n'y avait aucune confusion entre musulmans et islamistes."