Traçage des passagers aériens : l'adoption du "PNR" prend du retard au Parlement européen

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Traçage des passagers aériens : l'adoption du "PNR" prend du retard au Parlement européen
Le dispositif du "PNR" suscite des oppositions. @ FREDERICK FLORIN / AFP
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Les groupes politiques de gauche justifient ce retard par la volonté de faire adopter ce texte en même temps qu'un autre sur la protection des données. 

Le Parlement européen ne devrait pas adopter avant avril le registre européen des données des passagers aériens, dit "PNR", un nouvel outil anti-terroriste dont veut se doter rapidement l'UE. L'inscription de ce texte à l'ordre du jour de la prochaine session plénière du Parlement européen, la semaine du 7 mars à Strasbourg, a été rejetée lors d'une réunion des présidents des groupes politiques de l'assemblée.

Une séance plénière en avril ou mai. "Les dirigeants des groupes de gauche du Parlement européen ont joué un jeu avec cette proposition", a accusé le rapporteur du texte sur le "PNR" (Passenger Name Record, en anglais) au Parlement, l'eurodéputé Timothy Kirkhope (ECR, conservateurs), reprochant notamment aux socialistes, aux libéraux et aux Verts d'avoir provoqué ce nouveau report. Timothy Kirkhope va "probablement" demander en séance plénière la semaine prochaine un vote pour réintroduire le texte dans l'agenda de la session, selon une source au sein de son groupe. Mais "il y a peu de chances" qu'il obtienne une majorité, selon une source parlementaire, estimant que le "PNR" pourrait désormais faire l'objet d'un vote en plénière en avril ou mai.

Voter un texte sur la protection des données en même temps. Le vote sur cette nouvelle directive, réclamée avec insistance par la France, devait avoir lieu au tout début de l'année 2016, après le compromis politique difficile conclu en décembre entre les négociateurs du Parlement et des Etats membres de l'UE. "Les groupes politiques de gauche n'ont pas fini d'utiliser tous les prétextes possibles pour retarder la mise en oeuvre du PNR européen", a déploré la délégation française du PPE (centre-droit) dans un communiqué. "Nous ne bloquons pas le texte, nous sommes pour son adoption rapide, mais il y avait un accord politique pour qu'il soit adopté en même temps qu'un autre texte sur la protection des données", qui lui n'est pas prêt, a expliqué une source parlementaire socialiste.