Tin-tin : "on essaie de se battre pour que le tatouage soit reconnu comme le 10e art"

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Le Mondial du tatouage s’ouvre à Paris, de vendredi à dimanche, avec plus de 30.000 visiteurs attendus. Tin-tin, figure du milieu, était l’invité de David Abiker, dimanche dernier, pour présenter cet événement. 

Il est à l'origine de l'un des plus gros rendez-vous du tatoo. Tin-Tin, tatoueur star qui tient son salon rue de Douai, dans le quartier de Pigalle à Paris, était l’invité dimanche dernier, de David Abiker dans C’est arrivé demain, pour parler du Mondial du tatouage. L'événement, pour lequel sont attendus plus de 30.000 visiteurs, se tiendra à la Grande Halle de la Villette, dans le 19e arrondissement de la capitale parisienne, de vendredi à dimanche. "On a tout fait pour que le tatouage soit populaire et aujourd'hui cela l'est", affirme celui qui a gravé la peau de célébrités, et même de "politiques, de prêtres et de notaires".

Un art riche et populaire. Photos, culture, actualité, tous les sujets peuvent inspirer les tatoueurs puisqu’il existe vraiment différentes écoles, explique Tin-Tin qui s'est fait connaître pour ces tatouages réalistes en noir et blanc. A l’instar de la peinture, "il y a tellement d'écoles artistiques". Certains "vont faire un travail d'impressionnisme ou de pointillisme, d'autres vont faire de la gravure comme Gustave Doré, d'autres encore vont être dans du japonisant ou alors dans des formes très tribales et rituelles, comme en Indonésie ou à Tahiti", décrit cet autodidacte qui s'est d'abord formé durant son service militaire. 

"Quoi de plus 'art premier' que le tatouage ?". L'an dernier, Tin-Tin a participé à élaboration de la gigantesque exposition "Tatoueurs, tatoués", qui s'est tenue au musée du Quai Branly, à Paris, jusqu'en octobre dernier. Revenant sur l'histoire de ces peintures corporelles, l'exposition s'est révélée un énorme succès. "Quoi de plus 'art premier' que le tatouage ?" interroge le célèbre tatoueur, qui pointe "le paradoxe de l'Etat". Car si le tatouage a été mis à l'honneur au cœur d'un musée national, il n'est pas pour autant considéré légalement comme une pratique artistique. 

Le tatouage, une oeuvre d'art. "Maintenant, on essaie de se battre pour que ce soit enfin reconnu comme un 10e art, ce que tout le monde s’accorde à penser", insiste celui qui est aussi le président du Syndicat national des artistes tatoueurs (Snat). Aujourd'hui, les tatoueurs peuvent se déclarer comme "artisans, commerçants", indique Tin-Tin, lui-même déclaré en libéral. "On a un peu tous les statuts", déplore-t-il. Une telle reconnaissance permettrait donc, entre autres, "d'avoir enfin un statut légal, avec des apprentis qui soient des apprentis en école d'art. [...] On pourrait avoir un statut correct et être reconnus comme des artistes à part entière". 

>> Retrouvez l'intégrale de l'émission de David Abiker, "C'est arrivé demain", en cliquant ici.