Terrorisme : la radicalisation progressive de Rachid Kassim

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A Roanne dans la Loire, où le djihasiste a vécu, son ancien entourage se souvient d'un homme qui a changé peu à peu pour finalement basculer dans l’extrémisme et partir en Syrie.

Le nom de Rachid Kassim revient de manière incessante dans l'actualité. C'est l’homme qui aurait téléguidé les attaques de Magnanville et de Saint-Etienne-du-Rouvray. C’est lui aussi qui était derrière le projet d’attentat de ces trois femmes dont la voiture a été retrouvée remplie de bonbonnes de gaz et c'est également lui qui était en contact, via la messagerie Telegram, avec les quatre mineurs récemment arrêtés pour projets terroristes. Europe 1 est allé à Roanne, dans la Loire, où le djihadiste a vécu jusqu'en 2013. 

Changement après un voyage en Algérie. L'homme se fait connaître comme rappeur amateur avec un titre aux paroles évocatrices "Je suis un terroriste / parce que les organes de mon peuple, je les mémorise". Cependant Rachid Kassim fréquente sans aucun problème l'une des deux mosquées de la ville mais son discours se fait plus haineux vis-à-vis de l'Occident au retour d'un voyage en Algérie en 2011, explique un de ses amis de l'époque : "Il m'avait montré une vidéo de propagande qu'il avait vue sur internet sur ce que les soldats américains faisaient de pire en Irak, uriner sur des cadavres, violer des femmes... Je lui ai dit 'cette pente est glissante. Tu peux en arriver à penser que tu vas pouvoir t'attaquer à n'importe qui'".

Il parle de Merah comme d'un héros. Rachid Kassim, ensuite trop virulent, devient persona non grata à la mosquée et son attitude va poser problème alors qu'il travaille pour la ville de Roanne comme agent de cantine dans une école primaire. L'une de ses collègues se souvient d'abord d'un homme gentil qui va progressivement changer. Il se laisse pousser la barbe, ne veut plus lui serrer la main et finit par parler de Mohamed Merah aux enfants en le qualifiant de héros. Les faits sont rapportés aux services de la mairie, qui met fin à son contrat. C'est peu de temps après que l'homme a disparu des écrans radar.