Tempête Xynthia : "Mes clients ne comprennent pas le jugement"

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René Marratier, l'ancien maire de La Faute-sur-Mer, a été condamné lundi matin par la cour d'appel de Poitiers à deux ans de prison avec sursis pour homicides involontaires. "Une peine incompréhensible", pour Corinne Lepage. 

Deux ans de prison avec sursis. C’est l’heure du jugement. Six ans après la tempête Xynthia, le maire de la Faute-sur-Mer où la tempête avait fait 29 morts, a été condamné en appel à deux ans de prison avec sursis. La tempête s’était notamment abattue sur les côtes vendéennes dans la nuit du 27 au 28 février 2010. Elle avait entraîné la mort de 47 personnes au total qui s'étaient retrouvées piégées par la montée des eaux. De nombreuses questions avaient alors été soulevées quant à la responsabilité du maire de la ville de la Faute-sur-Mer. La cour d’appel de Poitiers a condamné lundi matin, le maire de la ville, René Marratier, à deux ans de prison avec sursis. Le maire échappe donc ainsi à la prison ferme.

"Mes clients ne comprennent pas le jugement". L’ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage qui est aujourd’hui avocate des parties civiles au procès Xynthia était l’invitée d’Europe 1 lundi. "Mes clients ne comprennent pas le jugement qu’ils trouvent extrêmement léger et qui ne concerne que Monsieur Marratier", a-t-elle expliqué avant d’ajouter que, "pourtant l’exposé des motifs était très sévère, notamment sur l’absence d’informations du public, sur l’absence de mesures ou l’absence d’interventions le soir de la catastrophe". Dorénavant les parties civiles, qui n'ont pas la possibilité de faire un pourvoi en cassation en dehors des intérêts civils, "doivent donc attendre de voir ce que décide le parquet", a expliqué Corinne Lepage qui espère une condamnation plus ferme du parquet, qui lui, avait requis très sévèrement quatre ans de prison ferme en première instance. "Nous sommes donc renvoyés devant la justice administrative et les victimes vont encore devoir attendre un ou deux ans avant d’avoir la moindre indemnisation", a déploré l'avocate des parties civiles. 

"Je n'ai pas d'explication". De quatre ans de prison ferme requis en première instance, René Marratier n’écope donc que de deux ans de prison avec sursis. Une peine allégée que Corine Lepage n’arrive pas à expliquer, "je n’ai vraiment pas d’explication et je ne suis pas sûre que le signal envoyé par la justice aux élus soit très clair, surtout sur les questions d’urbanisme". "A un moment où l’on sait qu’il y a de l’érosion marine et des zones de plus en plus dangereuse, il faut plus de sérieux dans la délivrance des permis de construire", souhaite-t-elle.