Tempête : une femme tuée par la chute d'un arbre

  • A
  • A
Tempête : une femme tuée par la chute d'un arbre
"Les vents violents se sont déplacés vers les Hauts-De-France, l'est du bassin parisien, la Champagne et la Bourgogne", a précisé Météo France.@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
Partagez sur :

La mère de famille est la première victime de la tempête qui a balayé la moitié nord de la France jeudi soir. Météo France a placé dix départements en vigilance orange neige-verglas.

L'ESSENTIEL

Une "forte tempête hivernale" a balayé la moitié nord de la France dans la nuit de jeudi à vendredi. Vendredi midi, 170.000 foyers sont encore privés d'électricité, essentiellement en Picardie et en Normandie, en raison de vents très violents. Une femme a été tuée par la chute d'un arbre déraciné.

Les principales infos à retenir :

  • La tempête Egon, qui est passée dans le Nord-Ouest jeudi soir, évolue vers l'Est et l'Allemagne vendredi.

  • Une mère de famille a été tuée par la chute d'un arbre. 4.452 interventions ont été comptabilisées, plus d'un millier de personnes ont été évacuées et une cinquantaine ont été "légèrement blessés". 

  • Météo France a placé dix départements en vigilance orange neige-verglas, vendredi après-midi.

  • Enedis a déployé 3.000 techniciens sur le terrain pour rétablir l’électricité.

Nouvelles vigilances. Météo France a placé dix départements en vigilance orange dans son bulletin de vendredi midi. Il s'agit des Ardennes, de la Côte d'Or, du Doubs, du Jura, de la Haute-Marne, de la Meuse, de la Haute-Saône, de l'Isère, de l'Ain et du Territoire de Belfort. De fortes averses de neiges sont prévues de vendredi à samedi matin dans ces zones. 

Une victime.Une mère de famille de 43 ans a été tuée vendredi matin par la chute d'un arbre déraciné par le vent dans son jardin à Saint-Jeannet, dans les Alpes-Maritimes, a annoncé la gendarmerie. "Le cyprès lui est tombé dessus alors qu'elle s'apprêtait à emmener ses enfants à l'école. Elle est décédée sur le coup", ont précisé les gendarmes.

170.000 foyers encore privés d'électricité. D'après le bilan Enedis (le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité) de 12h, 170.000 foyers étaient encore privés d'électricité vendredi en milieu de matinée, principalement en Normandie (65.000), en Picardie (55.000), en Bretagne (6.000), dans les Pays de la Loire (4.700), dans le Nord-Pas-de-Calais (8.000), dans Centre (5.000), en Champagne-Ardennes (5.200) et en Lorraine (4.500). Au plus fort de la tempête, 330.000 foyers ont été privés d'électricité dans la nuit, indique encore Enedis. En parallèle, l'unité numéro 1 de la centrale nucléaire de Paluel, en Seine-Maritime, est à l'arrêt depuis jeudi soir en raison d'un "dysfonctionnement" provoqué par la tempête.

6.000 pompiers mobilisés. Plus de 4.452 interventions ont été comptabilisées depuis la veille et plus d'un millier de personnes ont été évacuées, a indiqué de son côté le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux. 6.000 pompiers étaient encore mobilisés vendredi, a-t-il précisé. Une "petite cinquantaine de personnes" ont été blessés légèrement, mais il n'y a eu "aucun décès", a-t-il ajouté.

tempete1280

Dans le Calvados, à Lion-sur-Mer. Crédit photo : CHARLY TRIBALLEAU / AFP

La tempête progresse vers l'est. "Les vents violents se sont déplacés vers les Hauts-de-France, l'est du bassin parisien, la Champagne et la Bourgogne", précise Météo-France, ajoutant aussi que "la tempête s'est évacuée vers l'Allemagne". Dans le nord de la France cependant par précaution, les cours ont été suspendus vendredi dans les écoles, collèges et lycées de l'Aisne et de la Somme où un accueil sera toutefois assuré. Les transports scolaires ont été annulés dans les Ardennes, l'Aisne, la Somme, le Nord, le Pas-de-Calais et la Meuse.

Les chutes de neige donneront une couche de 2 à 5 cm localement. Des chutes de neiges plus importantes se produiront près de la frontière belge, 5 à 10 cm sont attendus. Le vent a atteint dans la nuit, 146 km/h à Dieppe, 138 km/h à Octeville près du Havre, 130 km/h à Caen, 108 km/h à Rouen et 102 km/h à Orly. Conséquence, l'Office National des Forêts a déconseillé aux randonneurs de se rendre dans les bois du nord et du nord-est de la France dans les prochains jours.

Des renforts en techniciens attendus. Quelque 3.000 techniciens sont également mobilisés sur le terrain vendredi matin pour travailler au rétablissement de la situation, mais "la progression des interventions est rendue difficile par les conditions météorologiques encore instables", note Enedis. Les systèmes de secours automatiques et les interventions de terrain ont permis de réalimenter un tiers des clients dans la nuit.

Liaisons SNCF perturbées. La circulation des trains sur les axes Rouen-Le Havre et Rouen-Dieppe a été interrompue à partir de 20h, a indiqué un porte-parole de la SNCF. "On ne veut pas prendre le risque d'avoir un train qui tombe en panne en pleine tempête", a-t-il précisé. Idem dans l'Oise, où le trafic SNCF a été interrompu entre Paris et la Picardie à la suite de chutes d'arbres sur la voie dans le département. Un Thalys a été bloqué pendant plusieurs heures dans la Somme. "Quelque 200 personnes ont été bloquées de 3h à 7h15 près d'Albert", a précisé la préfecture de ce département.

Mais entre Caen (Calvados) et Paris, une intervention d'Enedis était encore en cours vendredi tôt pour réparer une panne de courant. Le trafic était interrompu dans les deux sens. Les passagers d'un TER ont également passé la nuit en gare d'Évreux (Eure) car un arbre était tombé sur les voies, interrompant le trafic. 

En Picardie, de gros dégâts sont à signaler entre Creil et Amiens, notamment des chutes d'arbres et de branchages qui ont entraîné une interruption totale du trafic. Un passager d'un train Thalys a passé la nuit dans le train sans nourriture, boisson ni chauffage. "C'est la pire nuit de ma vie", a-t-il confié vendredi matin à Europe 1


Thalys coincé entre Amiens et Arras : "c'est la...par Europe1fr

La ligne H du Transilien est, elle aussi, très perturbée entre Amiens et Paris. Des bus de substitution ont été prévus. Enfin, les rames de la ligne D sont aussi ralentis. Dans le très fréquenté aéroport de Beauvais, aucun avion n'a pu décoller jeudi soir. Les vols étaient détournés vers Lille Lesquin. Une centaine de passagers a même dû dormir sur place.

Des rafales à 146 km/h. Jeudi soir et dans la nuit de jeudi à vendredi, des vents très forts ont soufflé sur le Nord-Ouest de la France. Les plus fortes rafales ont été relevées à Dieppe, à Caen et à Octeville, près du Havre, avec respectivement 146 km/h, 135 km/h et 138 km/h. Ces vents violents ont eu le temps de faire beaucoup de dégâts, notamment sur la côte d’Albâtre en Normandie, entre Le Havre et Le Tréport. 

Dans la Somme, à Mers-les-Bains, les habitants se sont retrouvés en pleine nuit les pieds dans l’eau. La tempête est arrivée vers 21 h sur la côte avec des rafales à 140 km/h. Très vite, le niveau de la mer est monté. L’eau a envahi le front de mer et toutes les rues adjacentes de cette petite station balnéaire. L'eau est ensuite venue défoncer les trottoirs et submerger les voitures. "Les galets sont arrivés sur le parking de la gare", témoigne Angélique, employée au centre nautique, au micro d'Europe 1. Vendredi matin, la ville porte les stigmates de la tempête Egon et l'heure est au nettoyage.


Eddy, restaurateur à Fécamps : "tout est...par Europe1fr

"C'est arrivé en une seconde". "Tout est arraché sur le front de mer. Les terrasses se sont envolées, les palissades en verre sont tombées, il y a des coupures d'électricité", a témoigné vendredi au micro d'Europe 1 Eddy, restaurateur à Fécamps en Seine-Maritime. "Les clients m'ont appelé toute la nuit parce que des arbres étaient tombés sur les routes. Des toitures ont été soufflées. On a pu sortir mais c’était compliqué, tout le monde se tenait. On a eu de bonnes rafales à 140 km/h. C'était énorme", a-t-il expliqué. Selon lui, "on a déjà vu des tempêtes ici, mais le problème c’est que là, c’est arrivé en une seconde. Comme si on avait ouvert une fenêtre. Là, on s’est fait surprendre".