"Taxe halal" et arabe à l'école : l'Institut Montaigne préconise des mesures contre l'islamisme

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"Taxe halal" et arabe à l'école : l'Institut Montaigne préconise des mesures contre l'islamisme
Le rapport préconise l'apprentissage de l'arabe à l'école publique. @ KARIM SAHIB / AFP
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"L'idée c'est de créer une organisation neutre, indépendante des pays d'origine, pour prélever une toute petite somme d'argent sur chaque acte de consommation et réinvestir cette somme d'argent dans le travail théologique", préconise le rapport. 

Une association pour financer l'islam de France, notamment via une "taxe halal", renforcer l'apprentissage de l'arabe à l'école : l'Institut Montaigne a présenté dimanche des propositions pour lutter contre le fondamentalisme qui "progresse chez les musulmans de France", selon un rapport. L'auteur du rapport, Hakim El Karoui, a présenté sur RTL sa mesure phare, déjà évoquée depuis plus de deux ans par ce groupe de réflexion libéral : la création d'une Association musulmane pour l'islam de France (Amif).

"Les musulmans se sont enrichis, contrairement à ce qu'on croit." Selon le nouveau rapport de l'Institut Montaigne, qui doit être adressé au président de la République et à tous les partis politiques, "les musulmans se sont enrichis, contrairement à ce qu'on croit et ils pratiquent beaucoup", a-t-il résumé. Il y a donc "de plus en plus d'argent lié à la consommation : le pèlerinage, le halal, le don".

Créer une organisation "indépendante des pays d'origine". "L'idée c'est de créer une organisation neutre, indépendante des pays d'origine, indépendante de ceux qui tiennent aujourd'hui les mosquées, pour prélever une toute petite somme d'argent sur chaque acte de consommation et réinvestir cette somme d'argent dans le travail théologique, parce que c'est la mère de toutes les batailles", a développé le consultant.

Vers la création d'une "taxe halal" ? Cette structure pourrait notamment gérer une "taxe halal", idée maintes fois évoquée depuis les années 90 pour financer l'islam de France. "Il n'y a pas de taxe halal au sens où il y aurait un impôt prélevé par l'Etat", a expliqué l'ancien banquier. Le prélèvement serait géré par l'association et s'inspirerait de la "taxe de cacherout" de la communauté juive, gérée par les rabbinats et qui permet de certifier les produits "casher", a-t-il développé.

Le rapport préconise de renforcer l'apprentissage de l'arabe à l'école publique. L'association pourrait investir "dans la formation de cadres religieux, la construction pourquoi pas de certaines mosquées", a-t-il ajouté. Et rendrait un "service utile aux fidèles" en se posant comme "régulateur" des flux financiers, parfois "opaques" dans la communauté musulmane. El Karoui, qui a l'oreille d'Emmanuel Macron, préconise également de renforcer l'apprentissage de l'arabe à l'école publique. "Le nombre d'élèves qui apprennent l'arabe au collège et au lycée a été divisé par deux. Il a été multiplié par dix dans les mosquées, il faut savoir ce qu'on veut", a-t-il argué.

"Progression de l'idéologie islamiste chez les musulmans de France." Son rapport constate "la progression de l'idéologie islamiste chez les musulmans de France", a-t-il résumé. Les salafistes - branche rigoriste de l'islam - "gagnent du terrain à l'intérieur de la communauté", surtout chez "les jeunes moins de 35 ans". La quasi-totalité des réponses sur Internet aux questions religieuses est fournie par des prédicateurs proches des salafistes, s'inquiète Hakim El Karoui, qui pointe aussi le développement de sites communautaires, d'hébergement ou de covoiturage "halal".

Organisation des "assises territoriales de l'islam de France". Ce rapport est publié alors que sont organisées jusque mi-septembre des "assises territoriales de l'islam de France" dans chaque département, sous l'égide des préfets, pour faire émerger des propositions inédites. A l'issue de cette concertation, "dès l'automne", l'exécutif donnera "à l'islam un cadre et des règles garantissant qu'il s'exercera partout de manière conforme aux lois de la République", avait déclaré début juillet Emmanuel Macron devant le Congrès réuni à Versailles.