Taubira comparée à un singe : deux mois avec sursis requis contre une ex-candidate FN

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Taubira comparée à un singe : deux mois avec sursis requis contre une ex-candidate FN
@ AFP
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Une peine de deux mois de prison avec sursis a été requise mercredi contre une ex-candidate FN qui avait comparé Christiane Taubira à un singe. 

Une peine de deux mois de prison avec sursis a été requise mercredi soir contre Anne-Sophie Leclère, ancienne candidate FN aux municipales dans les Ardennes, poursuivie pour injure raciale, pour avoir comparé l'ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira à un singe.

"C'est une sauvage". Le 17 octobre 2013, un reportage de l'émission "Envoyé spécial" sur France 2 avait montré Anne-Sophie Leclère, propriétaire d'un magasin d'articles de pêche à Rethel, dans les Ardennes, qui s'efforçait de monter une liste pour les élections municipales de 2014. Questionnée alors sur un photomontage publié sur sa page Facebook et qui montrait d'un côté un petit singe et de l'autre la garde des Sceaux, avec les légendes "à 18 mois" et "maintenant", Anne-Sophie Leclère avait notamment répété, "c'est une sauvage", et déclaré: "à la limite je préfère la voir dans un arbre (...) que de la voir au gouvernement". Elle avait ensuite été exclue du parti d'extrême-droite.

Des propos "purement racistes". "Propos hallucinants", a étrillé la procureure dans son réquisitoire, "purement racistes" qui de surcroît, tenus à l'égard d'un membre du gouvernement par une candidate à une fonction élective, représentent "une atteinte à la République". Christiane Taubira a été visée par de nombreuses attaques racistes du même acabit, qui ont par exemple donné lieu à la condamnation du directeur de l'hebdomadaire d'extrême-droite Minute à 10.000 euros d'amende. Devant le tribunal correctionnel de Paris, Anne-Sophie Leclère, aujourd'hui âgée de 36 ans, a exprimé ses regrets, expliqué qu'elle s'était retrouvée prise de court lorsque lui a été présenté ce montage. Elle a dit ne pas l'avoir mis en ligne et retiré de sa page Facebook sans pouvoir indiquer qui l'avait publié.

"Je regrette tout". "Un mot en a entraîné un autre", a-t-elle déclaré, le soir de la diffusion de l'émission, "je n'ai pas dormi de la nuit", se demandant comment elle a pu "sortir ça". "Je regrette tout", d'avoir reçu ces journalistes, "d'avoir blessé énormément de personnes", à commencer par Christiane Taubira "bien sûr" et "toute le communauté noire", "j'ai un ami qui est noir, une grand-tante qui est noire". Pour son avocat, Me Jérôme Triomphe, il existe un "doute sérieux" sur l'intention de Anne-Sophie Leclère que ses propos soient publiés. Selon lui, dans cette affaire s'est abattu sur elle un "tsunami".
Il s'agit du troisième procès pour Anne-Sophie Leclère, le premier où elle était présente.