Sur les monuments aux morts de 14-18, plus de Mohamed que de Martin

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Sur les monuments aux morts de 14-18, plus de Mohamed que de Martin
"Le Parisien" s'est penché sur les données collectées sur les monuments aux morts par Mémorial Genweb.@ ERIC CABANIS / AFP
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Selon une étude parue vendredi par "Le Parisien", le prénom le plus courant parmi les soldats morts pour la France de 1914 à 1918 est Jean. 

10 millions de soldats sont morts  sur les champs de bataille de la Première guerre mondiale. Et sur les 7,9 millions de soldats qu'elle a envoyé au front, la France en a perdu 1,4 million, soit 25% des pertes totales des forces alliées. Si dans presque chaque commune de France, un monument aux morts vient nous rappeler les noms de ces combattants sacrifiés, une étude parue vendredi par Le Parisien nous fait voir ces listes sous un autre jour. En se basant sur les données collectées par Mémorial Genweb, le quotidien a déterminé les prénoms les plus couramment portés par les victimes du conflit.

Des prénoms classiques en tête. Le Top 5 des prénoms les plus courants comporte des vieux prénoms français : Jean, Pierre, Louis, Joseph et François. Ce groupe regroupe à lui seul 79.647 soldats morts. Mais le classement contient aussi des surprises comme celle du prénom Claudius, oublié aujourd'hui. Il arrive en 87ème position, avec 844 tués. 

1.717 Mohamed tombés au front. Un autre enseignement de ce décompte rappelle que, parmi les troupes françaises, évoluaient des effectifs issus des colonies. Ainsi, en réunissant les Mohamed et ses variantes (Mohammed, Ben Mohamed), le décompte atteint 1.717 soldats, assez pour intégrer le Top 50 des prénoms, devant les Martin (649) et les Mathieu (572). La majorité de ces Mohamed étaient nés en Algérie (1.204). 

Et les femmes ? Autre surprise de ce référencement, la présence de prénoms féminins. Figurant parmi les victimes civiles (300.000 dans l'Hexagone), elles étaient souvent des infirmières évoluant sur le front. Ce sont les Marie qui étaient les plus courantes parmi elles (154) devant les Jeanne (15) et les Louise (12). 


295.000 Maghrébins sur le front. La France, grande puissance coloniale à partir du 19ème siècle, a utilisé les populations de ces territoires afin de constituer des régiments armés. Appelés officiellement "troupes coloniales", ils se composent des zouaves, des chasseurs d’Afrique, des spahis, des tirailleurs sénégalais, algériens, marocains et tunisiens. En tout, 175.000 Algériens, 40.000 Marocains, 80.000 Tunisiens et 180.000 Africains noirs ont combattu lors du premier conflit mondial aux côtés des "Poilus", sur le front de l'Hexagone mais aussi sur l'autre front de cette guerre, souvent oublié, celui des Balkans. 36.000 Maghrébins et 30.000 Sénégalais y ont trouvé la mort.