Pourquoi Georges Tron est renvoyé aux assises

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Pourquoi Georges Tron est renvoyé aux assises
@ Max PPP
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EXCLU E1 - Europe 1 a pu consulter l'arrêt de renvoi prononcé par la cour d'appel de Paris lundi. Voici comment les juges ont motivé leur décision.

Il avait d'abord bénéficié d'un non-lieu mais se retrouve aujourd'hui renvoyé devant une cour d'assises. L'ancien secrétaire d'Etat UMP Georges Tron est rattrapé par des soupçons de viols en réunion sur deux ex-employées de sa mairie de Draveil, dans l'Essonne. L'élu  a d'ores et déjà annoncé son intention de se pourvoir en cassation. Europe 1 a pu consulter l'arrêt de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris qui a prononcé ce renvoi lundi. Un dossier accablant pour Georges Tron. Comment les juges ont-ils motivé leur décision ? Explications.

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"Une volonté de dissimulation" qui coûte cher.  Pour commencer, il faut comprendre que cette fois, la justice retient surtout les mensonges de Georges Tron, notamment sur ses relations avérées avec plusieurs collaboratrices.

"Face à l’accumulation de témoignages, les dénégations absolues des deux mis en examen quant à la réalité d’échanges sexuels (…) avec des collaboratrices, y compris avec des femmes qui ne se considèrent pas comme victimes d’abus sexuels, suggèrent une volonté de dissimulation de leurs mœurs qui n’est pas en faveur de leur sincérité", souligne l’arrêt de la chambre de l’instruction.

Car dans ce dossier, outre les deux plaignantes, cinq autres femmes, qui n’ont pas porté plainte "ont décrit exactement dans les mêmes termes que les deux plaignantes, les pratiques sexuelles initiées par Georges Tron auxquelles elles ont été mêlées", écrivent les magistrats.

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Les récits des viols reçus comme "plausibles". Jusqu'ici, les premiers juges d’instruction d’Evry avaient mis en doute la parole des victimes et prononcé un non-lieu total en faveur de Georges Tron et Brigitte Gruel, son ancienne adjointe à la culture, également renvoyée pour viol, complicité de viol et agressions sexuelles.

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Selon les informations d'Europe 1, la chambre de l’instruction estime au contraire que les récits des viols sont "plausibles" et que des détails matériels sont bien confirmés. Quant à certaines approximations pointées dans la version d’une des plaignantes, les juges précisent : "les déclarations d’une victime sont à apprécier dans leur contexte et leur caractère irrationnel n’est pas nécessairement le signe de leur fausseté".



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 Des critères de recrutement spécifiques. Les magistrats de la cour d’appel de Paris décryptent également un système mis en place par Georges Tron. Voici ce que peut lire à ce sujet dans leur arrêt :

"Le recrutement a toujours été le fait de Georges Tron et a souvent abouti à l’embauche de collaboratrices ayant en commun une présentation particulièrement soignée et féminine, en difficultés financières ou personnelles et selon des critères détachés de compétences ou expériences professionnelle avérées, (…) ce qui était le cas des deux plaignantes et ce qui était de nature à augmenter l’ascendant sur elles".

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© REUTERS

Aucun acte de réflexologie sur des hommes. Sur les fameux massages de pieds, la pratique de la réflexologie par Georges Tron, les magistrats notent que le maire UMP de Draveil exerce uniquement sur des femmes.  

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Des massages exécutés "sans le consentement des intéressées qui souvent se laissaient faire, surprises par la familiarité et n’osant pas s’opposer". Les juges retiennent que Georges Tron n’a jamais pratiqué cette réflexologie sur des hommes, "ce qui interroge quant à l’intérêt qu’il trouvait à pratiquer cette médecine douce et pose la question de la satisfaction sexuelle qu’il pouvait rechercher". De plus, il ressort de nombreux témoignages de femmes "que ces massages étaient le prélude à des actes à caractère sexuel".

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La thèse du complot FN balayée. Les juges retiennent aussi des pressions exercées sur des témoins et sur une victime. Ils relèvent également des écoutes et enregistrements prouvant que des proches collaboratrices du maire ont menti aux policiers pour le couvrir. Enfin, la thèse d’un complot politique, ourdi par le Front National local, est balayée par la chambre de l’instruction. Cette thèse avait déjà été démontée par le procureur d’Evry dans ses réquisitions de non-lieu. Or, ce soi-disant complot politique reste le principal argument de défense de Georges Tron.