Services publics : l'info pas toujours au bout du fil

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Services publics : l'info pas toujours au bout du fil
Selon cette enquête, un tiers des testeurs ayant appelé l'assurance maladie a obtenu des informations sur les démarches à effectuer. Image d'illustration.@ JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Selon les résultats d'une enquête dévoilés mardi, les usagers sont trop souvent renvoyés sur internet mais une partie d'entre eux n'est pas à l'aise avec l'outil informatique. 

Pas facile d'obtenir des informations par téléphone auprès des services publics... Les usagers sont renvoyés trop rapidement et trop systématiquement vers internet, selon une enquête réalisée par l'Institut national de la Consommation et le Défenseur des droits, publiée mardi.

Trois organismes testés par 1.400 appels. Pour cette enquête, publiée dans le magazine 60 millions de consommateurs, plus de 1.400 appels ont été passés entre mars et avril 2016 afin d'évaluer la qualité des services téléphoniques de trois grands organismes de services publics : la caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), Pôle emploi et la caisse nationale de l'assurance maladie (CNAMTS). Les testeurs présentaient quatre profils : une personne malentendante, une personne avec un accent étranger, une autre sans accès à internet et un "usager lambda", tous quatre désireux de connaître leurs droits.

Réponses succinctes ou renvoi vers internet. Seul un tiers des testeurs ayant contacté l'assurance maladie a obtenu des informations sur les démarches à effectuer, les conseillers renvoyant la moitié des appels vers internet. Côté Pôle emploi, 36% des conseillers de la plateforme téléphonique renvoient directement vers internet lorsqu'il s'agit de connaître les démarches à effectuer pour bénéficier de l'allocation chômage. Quatre sur dix fournissent des réponses succinctes. Au sujet des CAF, les conditions d'obtention d'une allocation logement sont rarement précisées, les appelants étant le plus souvent directement renvoyés vers le simulateur en ligne.

21% des usagers, pas à l'aise avec internet. "C'est le paradoxe de la dématérialisation des services publics : c'est un outil formidable pour faciliter l'accès aux droits, mais pas pour tout le monde", a commenté Nathalie Bajos, directrice de la promotion de l'égalité et de l'accès aux droits au Défenseur des droits. Car tout le monde n'est pas adepte du web : 16% des Français n'ont pas internet chez eux et 21% des personnes qui ont internet ne se sentent pas à l'aise pour l'utiliser, selon le baromètre du numérique du Credoc. "Une frange importante de la population va plus que jamais privilégier l'accès téléphonique", remarque Nathalie Bajos. "Le téléphone doit rester un mode de contact privilégié" et "les réponses devraient tenir compte du rapport au numérique qui est très socialement marqué, et proposer des réponses adaptées".