Ségolène Royal sur les "boues rouges" : "Il faut continuer à faire des efforts"

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La ministre de l'Environnement est revenue au micro d'Europe 1 sur "la querelle" qui l'oppose à Manuel Valls sur les "boues rouges" rejetées par Altéo dans les Bouches-du-Rhône.

Ségolène Royal continue de s’opposer au Premier ministre sur les rejets des "boues rouges" au large de Cassis. La ministre de l’Environnement a estimé que les rejets dépassaient encore les normes. "Il faut continuer à faire des efforts, et si ça n’est pas possible il faut organiser la transition industrielle", a-t-elle déclaré au micro de la matinale d’Europe 1. "Plus on traîne à faire la transition industrielle, plus c’est difficile. Il faut savoir que la pollution détruit de l’emploi, moi je refuse d’opposer l’emploi à la protection de l’environnement", a-t-elle soutenu.

"Dont acte". Manuel Valls et Ségolène Royal s’opposent depuis 2015 sur le dossier des "boues rouges", ces rejets toxiques de l’usine Altéo de Gardanne, dans les Bouches du Rhône, qui atterrissent au milieu du Parc national des calanques. En décembre, la préfecture avait validé la poursuite d’activité, sur ordre de Manuel Valls selon Ségolène Royal. "Il est Premier ministre, il a décidé le contraire de ce que dit sa ministre de l'Environnement, donc voilà. Dont acte", a notamment déclaré la ministre aux équipes de Thalassa, le magazine de la mer de France 3. 

"Je dis la vérité des choses". Altéo a néanmoins dû modifier ses procédés de production et ne rejette plus qu'un liquide filtré, mais de nombreuses voix continuent de dénoncer ces effluents comme très polluants. "Ce n’est pas une querelle. Thalassa fait un reportage en me disant : ‘ Comment se sont prises les décisions ?’. Moi je dis la vérité des choses, la transparence des choses. On ne peut pas transformer la transparence des choses en querelle", a commenté Ségolène Royal au micro d’Europe 1.

La croissance verte. "Ce qui est en jeu, c’est la réconciliation entre l’économie et l’écologie. J’ai toujours pensé, avec le concept de croissance verte, que la protection et la valorisation de l’environnement était l’une des clefs de la croissance et de la création d’emplois d’avenir", a estimé la ministre. "Je vais travailler avec Michel Sapin, le ministre de l’Economie, pour trouver une solution industrielle et assurer la mutation de ce site [Altéo, NDLR] si les résultats de la fin septembre ne sont pas conforment à la norme. La loi doit s’appliquer à tous et en voilà assez des systèmes où quelques-uns s’enrichissent en polluant l’environnement de tous les autres !", conclut-elle.