Sarah, 25 ans, cache ses tatouages à son père : "Je n'ai pas envie de briser le lien que j'ai avec lui"

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Aujourd'hui apprentie-tatoueuse en région parisienne, Sarah s'est fait tatouer dix fois mais a décidé de cacher la plupart d'entre eux à son père. Celui-ci n'a pas une bonne opinion de cette pratique, a-t-elle expliqué à Olivier Delacroix, vendredi, sur Europe 1.

VOS EXPÉRIENCES DE VIE

Après un pari gagné avec son père il y a quelques années, Sarah* a eu le droit de se faire tatouer pour la première fois. Plusieurs autres tatouages ont suivi, au point qu'elle souhaite, à 25 ans, devenir tatoueuse, un métier bien mieux perçu aujourd'hui qu'il y a quelques années. Mais pas aux yeux de son père, à qui elle cache son avenir professionnel et certaines parties tatouées de son corps. Vendredi, elle a partagé son parcours au micro d'Olivier Delacroix, sur Europe 1, lors d'une émission consacrée à ce que les tatouages peuvent dire de nous.

"Avec ma grande sœur, on a 12 ans d'écart et pas du tout la même façon de penser ni de voir les choses. Alors lorsque nous sommes parties en vacances ensemble, mon père m'a dit que si je ne me chamaillais pas avec elle, je pourrais avoir le tatouage que je voulais faire. Pendant 15 jours, j'ai été la petite sœur gentille qui dit 'oui' à tout. Il a perdu, et j'ai pu avoir mon tatouage.

L'été, "en jeans et chaussettes" pour camoufler les tatouages

Je me suis fait tatouer un camée, un bijou que toutes les femmes de ma famille ont. Mon père l'a plutôt bien reçu car il est caché sur mes côtes et bien évidemment, je ne suis pas souvent en maillot de bain ou en sous-vêtements ! Mais pour les autres tatouages, il ne sait pas.

Au total, j'ai en fait dix, qui sont de taille moyenne. Ils sont en général sur mes jambes ou sur le sternum, juste en dessous de la poitrine. Certains signifient des choses pour moi, d'autres sont purement esthétiques parce que j'ai aimé le dessin de l'artiste. Ceux qui sont significatifs représentent le caractère de ma famille ou des événements de ma vie que j'ai voulu marquer, qu'ils soient tristes ou joyeux.

>> De 15h à 16h, partagez vos expériences de vie avec Olivier Delacroix sur Europe 1. Retrouvez le replay de l'émission ici

Mon père a 68 ans et appartient plutôt à l'ancienne génération. Pour lui, les tatouages sont mal vus, portés par des personnes qui n'ont pas de vie sociale, sans travail ni amis. L'été, c'est très difficile de lui cacher mes tatouages. Je reste en jeans et en chaussettes, car j'évite de me mettre en short et d'être pieds nus. Pour le haut, un tee-shirt suffit car j'en ai seulement un sur le poignet. Celui-là, il l'a vu récemment. Il a fait une drôle de tête mais il ne m'a rien dit.

"Il ne sait pas encore que je suis apprentie-tatoueuse. J'attends de percer dans ce secteur pour le lui annoncer"

Aujourd'hui, je suis apprentie-tatoueuse dans le Val-d'Oise. Pour le moment, il ne le sait pas encore et j'attends vraiment de percer dans ce secteur pour le lui annoncer. Au fond, je ne pense pas que ça va le dérange, à partir du moment où je ne me tatoue pas le visage, le coup ou les bras, des parties plus visibles de mon corps. En tout cas, si je lui montrais aujourd'hui mes autres tatouages, ça briserait le lien de complicité que j'ai avec lui, avec mes parents. Je préfère les dévoiler petit à petit."

*Le prénom a été modifié