Rythmes scolaires : antisèche pour parents largués

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Rythmes scolaires : antisèche pour parents largués
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MODE D'EMPLOI - Si vous avez un enfant scolarisé en primaire, cette rentrée n'est pas tout à fait comme les autres.

Généralisation d'une cinquième matinée de classe, instauration d'activités périscolaires… avec la réforme des rythmes scolaires qui devient obligatoire pour toutes les écoles primaires publiques, cette rentrée des classes s'annonce comme un saut dans l'inconnu pour les parents d'écoliers.

L'objectif de la réforme déjà inaugurée à la rentrée 2013 par 1,3 million d'écoliers dans 4.000 communes ? Optimiser les pics de vigilance des élèves pour améliorer leurs apprentissages. Ces bouleversements ont de nombreuses conséquences pratiques pour les parents d'élèves. Pour éviter que cette rentrée scolaire ne rime avec galère, voici quelques réponses aux questions les plus pressantes.

# Comment connaître les horaires et l'emploi du temps de mon enfant ?

8h30, 8h45, 9h ? A quelle commencera l'école pour mon fils cette année ? Et la pause-déjeuner de ma fille ? Sera-t-elle d'une heure et demi ou de deux heures ? Surtout, les fameux Temps d’Activités Périscolaires (TAP) instaurés par la réforme auront-ils lieu chaque lundi, mardi, mercredi et jeudi à partir du milieu de l'après-midi comme les communes sont incitées à le faire ou seront-ils, au contraire, concentrés le vendredi après-midi comme l'autorisent les assouplissements accordés à certaines communes ? Pour répondre à toutes ces questions, le ministère de l’Éducation nationale a centralisé les données de toutes les académies sur une plateforme Internet : "5 matinées". Il suffit de renseigner la commune où votre enfant est scolarisé puis de sélectionner son établissement pour connaître les horaires et les grandes lignes de l'emploi du temps qui seront en vigueur pour l'année 2014-2015 dans son école maternelle ou primaire.  





Le site est clair et bien conçu mais mais, attention, les horaires qui y figurent sont celles qui ont été validées administrativement. Dans l'immense majorité des cas, ce seront effectivement les emplois du temps des écoles. Mais si vous habitez dans l'une des quelques communes "réfractaires" où le maire a décidé de ne pas appliquer la réforme des rythmes scolaires, ne vous fiez pas à l'emploi du temps indiqué sur la plateforme. Vent-debout contre la réforme, les maires de Yerres, dans l'Essonne, ou encore de Phalempin et de Hautmont, dans le Nord, ont ainsi fait savoir dans la presse que les établissements scolaires de leur commune seraient fermés le mercredi… une décision qui va à l'encontre de ce qui a été décidé au niveau administratif et qui n'est donc pas prise en compte sur la plateforme 5 matinées. Idem à Marseille, où la municipalité compte bien appliquer la réforme mais où elle a indiqué qu'elle ne serait pas en mesure de mettre en œuvre dès septembre l’accueil périscolaire le vendredi après-midi dans ses 445 écoles de la ville. Si vous avez un doute, consultez le site de votre mairie : les communes réfractaires ou qui peinent à mettre en œuvre la réforme le précisent sur leur site. Gardez un œil également sur la presse locale.



 
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# Le maire de ma commune refuse d'appliquer la réforme. Quels sont mes recours ?

Si votre enfant est scolarisé dans une commune dont l'élu boycotte la réforme des rythmes scolaires, celui-ci a sûrement pris un arrêté municipal pour maintenir les écoles fermées mercredi. Si c'est le cas, ce maire s'expose à un recours du préfet devant le tribunal administratif. Si le contentieux persistait, ce serait au Conseil d’Etat de se prononcer sur la légalité du décret n° 2013-77 du 24 janvier 2013 relatif relatif à l'organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires. Vos leviers en tant que parent d'élève ? Engager une action pour manquement à la scolarité de vos enfants… mais ce sera alors l'Etat qui sera visé, pas le maire frondeur de votre commune.

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# Qui va s'occuper de ma fille pendant les temps périscolaires ?

Pendant les heures de classe, votre fille sera évidemment sous la responsabilité de son enseignant habituel mais ce ne sera pas le cas pendant les temps d'activités périscolaires (TAP). Ce sont les personnes recrutées par les communes qui vont prendre le relais.

Agents spécialisés des écoles maternelles (ATSEM), animateurs, éducateurs territoriaux d'activités physiques et sportives, titulaires ou vacataires… le profil et le statut de ces personnels peuvent être très variables d'une commune à une autre. Certaines municipalités ont aussi fait appel à des enseignants volontaires pour assurer de l'aide aux devoirs. Et puis il y a les partenariats extérieurs instaurés avec des associations sportives ou des conservatoires, par exemple.

Dans tous les cas, la moitié, au moins, des encadrants doit être titulaire d'un BAFA, ou équivalent.

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# On me demande de payer pour les activités périscolaires. Est-ce normal ?

L'esprit de la réforme défendue par le ministère de l’Éducation nationale est de permettre à des enfants issus de milieux populaires d'avoir accès à des cours de musique, de danse, de judo… La gratuité est donc "l'idéal" de la réforme, insiste-t-on au ministère. Pour aider les communes à y tendre, l’État finance les activités périscolaires à hauteur de 50 euros par enfant pour cette année scolaire 2014-2015. Pour les communes, le choix est souvent politique, parfois pragmatique.  Paris, Dijon et encore Aubervilliers ont fait le choix de la gratuité quand Nice a opté pour le payant (à hauteur de 15 euros par mois pour le temps d'accueil éducatif). Dans d'autres communes, la participation est surtout symbolique : Bourneville, dans l'Eure, demande 5 euros pour toute l'année. D'autres communes demandent une participation sur la base du quotient familial ou d'un forfait.

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# Où se passent les activités périscolaires ?

Là encore, tout est du ressort de la commune : suivant notamment la nature des activités périscolaires proposées, certaines auront lieu au sein même de l'école de votre enfant (ou dans une autre école de la ville), d'autres non. Pour les activités sportives notamment, des déplacements seront nécessaires, ils seront alors assurés par la commune. Si vous habitez au bord de la mer, par exemple, votre enfant aura peut être l'opportunité de faire de la voile. En principe, les activités doivent être organisées en priorité dans des lieux proches de l'école pour minimiser les déplacements.

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# Est-il possible de changer d'activité périscolaire en cours d'année ?

Certaines communes ont opté pour des inscriptions à l'année avec des ajustements possibles (Nanterre), d'autres fonctionnent par trimestre (Lens, ou Arras comme dans le tableau ci-dessous).

Les activités périscolaires proposées dans une école d'Arras.

# Les activités périscolaires sont-elles obligatoires ?

La question se pose rarement en ce sens pour les parents qui travaillent et elle ne s'inscrit pas dans l'esprit de la réforme qui vise à équilibrer temps scolaire et périscolaire pour les élèves mais le ministère de l’Éducation nationale est clair à ce sujet : les activités périscolaires sont facultatives. Si votre commune ne propose pas de cours de piano et que vous tenez absolument à ce que votre fils apprenne le solfège, libre à vous de venir le chercher après la classe et d'organiser par vos propres moyens des cours de musique… pendant que ses camarades joueront au volleyball.